J’ai rencontré 4 mamans d’exception qui ont accepté de témoigner pour partager leurs conseils à destination des futures mamans de jumeaux: Anne, maman de Louise et Chloé 1 an, Stéphanie, maman d’Augustine et de Manon 4 ans, et Cécile, maman de Romane et Adèle, 5 ans et Géraldine, maman de Michel et Etienne 6 ans. Elles sont à la tête de familles nombreuses, entre 3 à 6 enfants, tout en travaillant. Courageuses, organisées, lumineuses, drôles et humbles, elles cumulent de multiples responsabilités avec des emplois du temps très chargés. Pour autant, elles ont toujours le sourire aux lèvres et du temps à consacrer à leurs proches et amies. C’est dans cet état d’esprit positif et bienveillant qu’elles n’ont pas hésité à se prêter à mon jeu des questions-réponses pour parler de leur expérience.

Super maman de jumeaux – jumeauxandco.com

Je conseille également de suivre sur Instagram les aventures parisiennes (et pas que !) de Paola-Carla, médecin anesthésiste à Paris et maman de trois enfants en bas-âge dont des jumeaux, Olympe et Tristan. A coup d’anecdotes amusantes, Paola-Carla livre ses conseils de maman avec beaucoup d’auto-dérision, tout en partageant son métier d’anesthésiste. Un vrai concentré de soleil et de joie de vivre.

Instagram : Paola-Carla
Le déroulement de la grossesse JUSQU’À l’accouchement

Géraldine : L’annonce de ma grossesse gémellaire a été une surprise totale, source d’une grande joie et de beaucoup d’émotions. J’étais déjà maman de deux enfants en bas âge, Pierre-Marie 2 ans et 9 mois et Laure 17 mois, et je travaillais à temps plein en entreprise. Je n’avais jamais envisagé d’attendre des jumeaux ! J’ai été suivie dans une maternité de niveau 3 et j’ai passé 15 échographies au total à l’hôpital Necker pendant ma grossesse, soit une tous les 15 jours. Ma grossesse s’est très bien passée. J’ai pu accoucher par voie basse. Comme beaucoup de grossesses dites « mono bi », j’ai été déclenchée 3 semaines avant le terme.

Cécile : Nicolas et moi avions déjà un petit garçon de 4 ans, Octave. Nous attendions ces petites filles avec impatience à la suite d’un traitement médical. Je me suis sentie comblée à l’annonce de la nouvelle. Ma grossesse a été très médicalisée et j’ai été suivie dans un service spécial pour grossesses à risque d’une maternité de niveau 3. Je travaillais beaucoup donc il a fallu que je m’organise pour aller passer les échographies avec plusieurs heures à patienter en salle d’attente et des échographies longues. J’ai trouvé très éprouvant de devoir composer entre une grossesse épuisante physiquement, un suivi de grossesse lourd, un travail à temps plein et un petit garçon. A la fin de ma grossesse, j’ai fait un peu de toxémie gravidique. J’ai pu accoucher par voie basse de mes jumelles, à 8 mois révolus de grossesse. Comme pour mon aîné, un accouchement facile. Les deux petites sont sorties à 10 minutes d’intervalle, en douceur. Un vrai bonheur.

Stéphanie : J’étais déjà maman de Robin qui avait 18 mois lorsque je suis tombée enceinte de mes filles. Mon rêve de petite fille s’exauçait et je me sentais privilégiée. Je travaillais beaucoup également. A cause de contractions incessantes et d’une grande fatigue, j’ai été arrêtée après 4 mois de grossesse. Une sage-femme venait une fois par semaine pour réaliser des monitorings et j’ai été hospitalisée à plusieurs reprises pendant ma grossesse à cause de ces contractions. J’étais d’ailleurs déjà hospitalisée lorsque j’ai rompu la poche des eaux, 1 mois avant le terme. Mon accouchement a été plus rapide que prévu. Comme il était trop tard pour la péridurale, je me souviens avoir tenu les mains de deux sages-femmes pour faire passer la douleur, ce qui formait une belle chaîne de mains. Manon est arrivée comme une fusée alors qu’Augustine a pris le temps de glisser dans mon bassin, tout naturellement et tout doucement pour arriver 15 minutes plus tard. Elles ont vite rejoint leur papa en dehors du bloc avant d’être mises en couveuse.

Anne : J’avais 40 ans et c’était ma première grossesse, j’ai rencontré mon conjoint assez tard. Mes filles étaient très attendues et nous étions préparés à l’annonce d’une grossesse gémellaire. Je me suis sentie tellement heureuse lorsque j’ai appris que j’attendais des jumelles qu’il m’a fallu un peu de temps pour redescendre sur terre… J’étais vraiment aux anges ! Attendre des jumeaux était un de mes rêves ! Comme les autres mamans, je travaillais beaucoup, mais je n’ai pas hésité à lever un peu le pied au travail pour être en forme à l’arrivée de mes filles. J’ai bénéficié d’un suivi très rapproché avec 15 échographies au total. J’attendais avec impatience ces moments de rencontre avec mes filles. Ma fille Louise étant positionnée en siège, un accouchement par césarienne était planifié. J’ai perdu les eaux à 8 mois, le 8 mars pour la journée de la Femme. C’était le plus beau jour de ma vie, j’étais sereine et prête à accueillir mes filles. A la simple évocation de ce moment magique, je suis toujours très émue et les larmes me montent vite aux yeux. Mon accouchement a été idéal, je n’ai quasiment pas eu de douleurs tant et si bien que je marchais facilement dès le 4 e jour.

Anne, entourée de Louise et Chloé
Prendre soin de soi pendant la grossesse

Géraldine : A partir de la première échographie, le compte à rebours s’est mis en marche. J’ai suivi tous les conseils médicaux en prenant soin de moi au quotidien et en me projetant dans mon organisation avec 4 petits enfants. J’ai eu de la chance car ma grossesse s’est très bien passée.

Cécile : J’ai suivi des cours de yoga pour femme enceinte ainsi que des séances de préparation à l’accouchement avec une sage-femme qui m’a aidée à prendre soin de ma féminité également. Elle m’a enseigné des exercices de visualisation et de respiration, ce qui m’a permis d’échapper au déclenchement chimique lors de l’accouchement.

Stéphanie : J’ai fait attention à beaucoup dormir. J’ai également beaucoup dessiné pour me divertir et également me détendre lorsque je me sentais un peu angoissée.

Anne : J’ai eu la chance d’être en pleine forme pendant toute la grossesse. Je me suis très bien préparée à l’accouchement avec une sage-femme en or Véronique de la Cochetière. J’ai également suivi des cours d’haptonomie avec Pascaline Godbille et de sophrologie avec Françoise Guillot. En plus d’un régime alimentaire très équilibré, j’ai pratiqué le yoga prénatal chez Qee avec Sophie Martin, la méditation et j’allais nager deux fois par semaine. J’ai même perdu les eaux à la piscine ! J’ai vraiment adoré cette période !

Achats et préparation de la layette

Cécile : Faire feu de tout bois ! Surtout agir en fonction de ses envies et de ses moyens. J’avais besoin de vêtements pratiques à enfiler et j’ai acheté quelques tenues craquantes pour ces petites filles très attendues. Mais jamais deux tenues identiques !

Anne : Une amie maman de jumeaux m’a prêté beaucoup de puériculture. Sinon, les lits, la table à langer puis les chaises hautes ont été trouvés d’occasion sur leboncoin.com et j’ai acheté de jolis vêtements sur Vinted.com en plus de ceux qui m’ont été prêtés par l’association Jumeaux et plus.

Stéphanie : Je me suis équipée auprès d’amies et j’ai acheté du matériel d’occasion dans les brocantes et dépôts-ventes.

Géraldine : J’étais déjà bien équipée à l’arrivée de mes jumeaux mais des amies m’ont prêté des vêtements et j’ai aussi eu la chance de recevoir beaucoup de cadeaux de naissance.

Allaitement

Géraldine : J’ai allaité pendant 3 mois Michel et Etienne en alternant avec des biberons. Il s’agissait d’un allaitement mixte qui m’a été fortement conseillé à la maternité pour aider mes jumeaux à prendre du poids et éviter de trop me fatiguer.

Cécile : J’ai allaité exclusivement Adèle et Romane pendant 5 mois et demi. Cette belle expérience m’a beaucoup fatiguée. Avec du recul, un allaitement de 3 mois aurait peut-être suffi.

Anne : Je n’avais pas envie d’allaiter, et ce, avant même de savoir que j’attendais des jumeaux.

Stéphanie : Je n’ai pas allaité non plus.

La maternité – Pablo Picasso – 1905
Retour de la maternité et organisation des nuits

Géraldine : Mon mari et moi avons eu recours à des étudiantes d’une école de Sage-Femme pour des gardes de nuit. Les deux premiers mois, nous avons ainsi été aidés pendant 10 nuits. Il ne faut vraiment pas hésiter à solliciter une étudiante pour pouvoir dormir un peu les premiers mois et récupérer car le rythme des journées est très soutenu. Sinon, mon mari et moi alternions avec les biberons la nuit.

Anne : Mon conjoint et moi n’avons pas lancé de liste de naissance mais une cagnotte Leetchi auprès de nos amis pour financer les gardes de nuit. Une sage-femme de l’hôpital est ainsi venue chez nous une nuit par semaine pendant les trois premiers mois, ce qui nous a permis de pouvoir dormir quelques nuits complètes. Autrement, mon conjoint et moi nous sommes partagés les nuits : nous donnions ensemble les biberons de 21h, puis il gérait ceux de minuit, et je reprenais le flambeau à partir de 3h du matin.

Cécile : Après l’accouchement, nous avons eu la chance d’intégrer une unité Kangourou. Ces unités ont été créées pour accueillir les bébés fragiles (petite taille, préma…) mais ne nécessitant pas de soins de réanimation. Moins de berceaux par puéricultrice, aucun monitoring ni appareillage, peau à peau 24h/24 avec la maman ou le papa (d’où le nom « kangourou ») et un formidable accompagnement dans la parentalité. De retour à la maison, je n’ai pas eu d’aide extérieure pour les nuits … et cela a été une période très difficile en raison notamment du manque de sommeil et du rythme effréné des repas, soins, changes, suivi pédiatrique. Les journées et les nuits se succédaient à une vitesse folle et je me sentais finalement très seule, en dépit de l’aide du papa mais qui travaillait en journée et avait besoin de dormir la nuit pour pouvoir travailler le lendemain. Bref, j’avais un peu du mal à sortir la tête de l’eau et, à force d’être sur tous les fronts, je me suis sentie angoissée et j’ai développé des acouphènes. Avec du recul, j’aurais certainement dû me faire aider la nuit.

Stéphanie : Le premier mois, mes filles ont dormi dans un lit parapluie, dans le sens de la largeur, dans la chambre à coucher parentale, à mes côtés. Fabien et moi nous levions toutes les 3 heures pour donner les biberons. Nous avions un bébé chacun dans les bras. Ensuite, j’ai essayé des positions pour pouvoir les nourrir seule toutes les deux et en même temps : l’une était par exemple dans un transat et l’autre dans mes bras ou les deux se trouvaient allongées et calées sur mes cuisses. Du 2e au 4e mois, nous avons opté pour les services d’une étudiante sage-femme entre deux à trois nuits par semaine. Les filles étaient installées dans un parc parapluie dans le salon et l’étudiante dormait à côté sur le canapé.

Augustine et Manon @Stéphanie
Le rythme des jumeaux et l’organisation de la maison

Géraldine : Pendant toutes mes grossesses, et en particulier celle de mes jumeaux, je n’ai cessé d’entendre de la bouche du corps médical qu’une jeune maman ne doit pas rester seule et doit être aidée au maximum. Dès l’annonce de ma grossesse, Paul et moi avons mis en place un planning avec le soutien de nos familles respectives pour que je puisse être aidée tous les jours avec mes quatre enfants. Nous avons aussi eu recours à des Techniciennes d’Intervention de Soutien Familial (TISF). Ces nounous agréées sont en partie prises en charge par la CAF. J’ai ainsi pu continuer à prendre soin de moi, aller à mes rendez-vous médicaux seule, m’occuper de mes deux aînés et suivre les cours de rééducation du périnée. C’est très important de pouvoir préserver quelques moments pour soi car le rythme en journée à la maison est intense et les nuits ne permettent pas de récupérer. La fatigue peut vite jouer sur le moral.

Cécile : J’étais très organisée pour ma part avec un planning à la militaire ! Une TISF est venue à la maison les premiers mois pour m’aider dans les tâches ménagères et l’organisation de la maison. Nadège a été un rayon de soleil pour moi. Une demi-journée par semaine, je n’étais pas seule, j’avais quelqu’un avec qui parler et qui me soutenait dans les tâches quotidiennes qui me semblaient insurmontables surtout en raison de l’épuisement physique et mental.

Anne : J’étais très organisée (et j’essaie de l’être encore!), j’ai aussi appris à lâcher-prise pour ne pas me perdre dans des détails qui pouvaient s’avérer inutiles. J’ai décuplé une énergie hors norme jusqu’au 5e mois où j’ai eu un coup de fatigue. Le yoga et la méditation m’ont vraiment aidée à me sentir bien dans mon corps et dans ma tête. J’ai également été accompagnée par une kiné pour le post partum (qui consiste à tonifier et muscler les abdos), j’ai fait mes cours de rééducation du
périnée avec ma sage-femme Véronique de la Cochetière. Habitant dans le 92, j’ai bénéficié d’une aide de la CAF à destination des familles de jumeaux dont m’avait parlé une amie : 200 heures de gardes pour soulager la maman après la naissance. Cela m’a permis d’avoir quelques petits moments pour moi (surtout pour dormir au début).

Stéphanie : Je me souviens que la vie à la maison était rythmée par les biberons, un toutes les trois heures, suivis des changes puis des siestes. J’avais un carnet de suivi par fille dans lequel je notais tout et cela m’a beaucoup aidé. J’anticipais tout ce que je pouvais anticiper : la préparation des doses de biberons à l’avance, les achats de packs d’eau, les stocks de lait et les livraisons de couches tous les quinze jours. Les journées passant à une vitesse incroyable, toute la difficulté consiste à trouver un tout petit peu de temps pour soi pour ne pas craquer à cause du manque de sommeil. En ce qui concerne les aides extérieures, la mairie nous a écrit une lettre pour nous féliciter de l’arrivée des jumelles et nous proposer de l’aide pour la garde des enfants de moins de 6 ans. Nous avons également eu une nounou de 18h30 à 21h la première année tous les soirs. Ainsi, je pouvais profiter entièrement de mon aîné, Robin, pendant que la nounou s’occupait des jumelles à la maison. Mon mari Fabien s’est également beaucoup impliqué et prenait le relais, une fois rentré de son travail. 

Dessin de Léonie, auteure de J’attends des jumeaux, au secours!
Les jumeaux et leurs différences

Cécile : Elles sont dizygotes. Tout à fait différentes physiquement, mais également dans leur caractère, leur façon d’appréhender le monde. C’est d’ailleurs étonnant de trouver dans la gémellité autant de singularité. Contrairement à une idée reçue assez communément partagée, je n’observe pas de rapport de « domination » entre mes filles. Il s’agit plutôt de fusion et de complémentarité. Elles abordent le monde en binôme efficace s’appuyant sur les forces et compétences de chacune, comme une main droite et une main gauche. A 1 an, l’une ouvre la bouteille de sirop et la renverse, l’autre l’étale allègrement sur le parquet et toutes les deux finissent par faire de grandes glissades dans le couloir…Ou encore comme sur la photo où Romane ayant perdu sa tétine emprunte celle d’Adèle qui semble trouver cela tout à fait légitime.

Adèle et Romane ©Cécile

Anne : Mes filles sont complètement différentes physiquement et de caractère. Elles sont très complémentaires ! Chloé est très cérébrale, elle essaie de tout comprendre et Louise plutôt rêveuse et imaginative… J’ai choisi de ne pas les habiller pareil afin qu’elles puissent dès le début avoir leur propre identité et chacune a déjà son petit tempérament.

Stéphanie : Manon et Augustine sont très différentes également. Ce sont deux sœurs nées le même jour, avec leurs personnalités bien affirmées et des goûts différents.

Géraldine : Etienne et Michel étant des « vrais » jumeaux, ils se ressemblent vraiment beaucoup. Il n’empêche qu’à la naissance, Michel était physiquement plus corpulent et légèrement plus grand qu’Etienne. Lorsque je les prenais dans mes bras, cette légère différence de poids me permettait de les différencier. Leurs goûts alimentaires sont un peu différents et, en les observant dessiner, j’ai relevé que Michel était très soucieux de ne pas dépasser et très appliqué alors qu’Etienne coloriait plus rapidement… au risque de dépasser.

Michel et Etienne ©Géraldine
Les jumeaux et le reste de la fratrie

Géraldine : Etienne et Michel se trouvent pile au milieu, en numéro 3 et 4, sur mes 6 enfants. Ils sont très proches de mes deux aînés avec qui ils jouent beaucoup. Un peu moins intéressés par les deux plus petits avec qui ils ont 4 et 5 ans de différence.

Stéphanie : Robin a 6 ans et Manon et Augustine 4 ans. Ils s’entendent très bien tous les trois. Les groupes d’intérêt tournent souvent. Les filles ne font pas bande à part, bien au contraire.

Anne : Mon conjoint a deux autres filles qui ont 8 ans et 11 ans. Elles adorent leurs petites sœurs. Cela se passe très bien !

Cécile : Mon fils aîné qui a 10 ans a beaucoup souffert de l’invasion des bébés. Nous, parents, n’étions pas disponibles pour lui, trop accaparés par les tâches ménagères, les soins des bébés et l’immense et écrasante fatigue. Il avait 5 ans quand ses sœurs sont nées. Il était très content, fier et attendri. A la maternité, il a eu une phrase adorable : « Adèle est tellement mignonne que je ne peux pas arrêter de la regarder tellement elle « m’amignonne ».  Mais il a encore aujourd’hui des moments de ras le bol, il se sent délaissé et ce n’est pas faux. Toutefois, il a une place privilégiée, une relation particulière à chacune d’elle et au couple gémellaire aussi. Comme une fratrie classique il y a des alliances, pas seulement entre les filles, des grands moments de tendresse et de rire, de la complicité, des bagarres et des jalousies, quelques vacheries aussi, des bêtises. On sent une différence lorsqu’il joue à un jeu de société, les filles s’allient souvent pour le faire perdre.

Deux adjectifs pour décrire les jumeaux

Cécile : Complémentaires et différentes!

Anne : Louise et Chloé sont très différentes mais se rejoignent bien sur un point : elles sont toutes les deux solaires et pleine de vie !

Stéphanie : Joyeuses et déterminées !

Géraldine : Espiègles et complices !

Dessin: Marie Crayon
La reprise du travail

Cécile : Reprise à 80% avec le mercredi en jour off. Après moult négociations avec une nourrice peu intègre, nous avons eu la chance de pouvoir intégrer la crèche familiale. Mais, à la suite d’un accident de voiture de la nourrice, les filles ont été gardées chez deux nourrices différentes, ce qui a été très difficile pour elles. L’une d’entre elle a même fait une pelade. J’ai ressenti une grande souffrance d’être obligée de laisser ma petite fille loin de sa sœur pour aller travailler. C’était très violent pour moi à ce moment-là.

Anne : Reprise à 80% par choix et pour avoir un jour off pour moi, Louise et Chloé étant gardées à la crèche du lundi au vendredi de 9h à 18h. Elles adorent la crèche!

Stéphanie : Reprise à 70% pendant 4 mois aux 9 mois des filles avec crèche tous les jours pour pouvoir me reposer les jours où je ne travaillais pas et organiser la maison. Puis, j’ai travaillé à 90% et mes 3 enfants allaient ensemble à la crèche.

Géraldine : Avec l’arrivée de mes jumeaux, je suis passée à 80% avec le mercredi en jour off. Mes enfants allaient à la maternelle et à la crèche. Mon changement de poste à mon retour de congé maternité a été l’occasion de négocier un passage à 80%.

Dernier conseil à donner aux futures mamans

Cécile : Se faire aider. Dresser une liste des aides possibles pour donner des idées aux gens qui ne sont pas dans la situation et qui ne peuvent donc pas se figurer de quoi elle aura besoin. Ce peut être : assurer un biberon et un change une nuit, et permettre aux parents d’aller au ciné, au resto ou juste dormir 6 heures de suite; accompagner pour une visite chez le pédiatre; aider pour une course ou une tâche ménagère; emmener tous les enfants petits et grands pour une balade…1 heure ou 2 seule dans le calme n’est jamais superflu. Ne pas s’isoler. Accepter cette grossesse si particulière et une maternité différente. Se dire qu’un jour, les bébés feront leurs nuits, tous les deux, qu’ils ne feront pas leurs dents éternellement, qu’un jour on retrouvera la ligne, des vêtements propres, une maison rangée et une vie sociale. Bref, le chaos n’est pas éternel, la fatigue non plus. 

Anne : Se faire confiance !

Stéphanie : Lire les blogs, se préparer, il y a toujours des solutions, s’entourer, demander de l’aide. Impliquer le conjoint. S’occuper de soi pour mieux s’occuper d’eux en gardant bien à l’esprit que « Ça va aller mieux progressivement » ! Mais c’est un uppercut d’amour et de bonheur !

Géraldine : Se faire aider, ne pas rester seule et continuer à avoir une vie sociale. Ne pas s’auto censurer pour obtenir les deux places en crèche, même si la démarche d’inscription est pénible et les discours pessimistes. Je conseille à toutes les futures mamans de persister dans leur démarche en rencontrant la responsable de la Petite Enfance de la mairie, en allant visiter la crèche, en renvoyant des emails avant la Commission d’attribution des berceaux…

Merci à Géraldine, Cécile, Stéphanie et Anne d’avoir accepté de témoigner! Bravo à ces super mamans qui assurent au quotidien sur tous les fronts avec beaucoup de bonne humeur et de lâcher-prise! Claire (propos recueillis en juin 2020)

Photo : Anne Geddes @annegeddesofficial