Les guerriers du Yoga

Virabhadrasana I et II

Les postures des guerriers sont très importantes au yoga, il s’agit de postures phares des pratiques dynamiques comme l’Ashtanga et le Vinyasa. Ce sont des asanas complètes qui permettent de faire travailler l’ensemble du corps, en le renforçant et en l’assouplissant à la fois.

Nous expliquerons ici les précautions à prendre lorsque l’on aborde ces postures, comment entrer dans les guerriers I et II et quels en sont les bienfaits sur le corps et l’esprit.

 

Étymologie de Virabhadrasana

VIRA : héros courageux

VIRABHADRA : Guerrier spirituel avatar de Shiva

ASANA : posture de yoga

 

Origine des postures du guerrier

Virabhadrasana est une posture qui apparaît dans l’un des textes fondateurs du yoga, Shiva Puranas – un récit des légendes associées au dieu Shiva.

Shiva est le dieu de la transformation. C’est le symbole de la puissance mouvante et changeante de la Nature.

Le guerrier spirituel Virabhadra serait né d’une mèche de cheveux de Shiva. Son rôle est de rétablir l’ordre divin.

 

Spirituellement, cette posture est liée aux valeurs de la sincérité et de l’honnêteté : drishti(le regard) est droit et franc, elle est connectée au « vouloir », l’intention, mais aussi à la volonté et à la puissance.

 

Pratiquer Virabhadrasana permet de développer ces qualités à l’intérieur de nous.

Virabhadrasana I

Prise de la posture

À partir de Tadasana à l’avant du tapis, effectuez un pas en arrière avec le pied droit. Au début, ce pas ne sera pas très grand, puis vous augmenterez l’espace entre les deux pieds au fur et à mesure que vous évoluerez dans votre pratique du yoga.

Les puristes estiment que les talons doivent être situés sur une même ligne l’un par rapport à l’autre, mais nous autres occidentaux souffrons souvent d’un manque de mobilité et d’ouverture dans les hanches, il peut donc être recommandé de laisser le pied arrière se poser au sol naturellement, en léger décalage avec le pied droit. Dans le Guerrier I, les orteils du pied gauche sont dirigés vers l’avant du tapis et le pied droit forme un angle d’environ 45° vers l’intérieur ; le genou gauche est fléchi à 90°, c’est-à-dire qu’il est placé au-dessus de la cheville, tandis que la jambe droite est tendue à l’arrière.

 

L’un des points cruciaux de cette pose est de garder les hanches alignées. Bien sûr, lorsque vous ouvrez votre jambe droite il est naturel que la hanche droite s’ouvre légèrement. Veillez toutefois à la maintenir relativement à la même hauteur que la hanche gauche. « Hanche gauche vers l’arrière et le bas, hanche droite vers l’avant et le haut » de façon à ce que celles-ci forment un « carré ».

Vous pouvez observer la position de vos hanches dans un miroir et prendre conscience du ressenti dans le bassin. Il est aussi possible de poser les mains sur les hanches pour bien s’imprégner de leur position dans un premier temps.

Puis, tendez les bras vers le ciel avec les poignets, les coudes et les épaules dans une même ligne verticale. Gardez une certaine souplesse dans les épaules, celles-ci sont basses, éloignées des oreilles. Créez de la longueur au niveau des lombaires, ouvrez votre poitrine en direction du ciel et respirez amplement dans l’espace ainsi créé.

 

Maintenez la posture entre 5 et 10 respirations en étirant la colonne vertébrale vers le haut sur l’inspiration et en prenant conscience de la force des jambes sur l’expir.

 

Symbolique de la posture

Virabhadrasana I représente le duel entre la Terre et le Ciel. Le yogi se trouve enraciné, stable, tout en tournant son cœur vers le haut. Il s’établit ainsi dans son centre, l’équilibre parfait. Le mouvement ascendant de la cage thoracique représente le don de soi. Le pratiquant est invité à abandonner son égo, à s’ouvrir au Divin.

Pour la professeure Judith Sciarone (qui enseigne à Deauville et à Paris), les jambes sont l’image du cheval, c’est une énergie dirigée vers l’avant, avec les hanches de face, tandis que les pieds (ou sabots) s’ancrent au sol.

Le haut du corps représente le cavalier dans l’énergie ascendante, il s’abandonne au dieu de la guerre.

 

Virabhadrasana II 

Prise de la posture

À partir de Tadasana, reculez le pied droit en inspirant. Le pied arrière se positionne parallèlelement au bord étroit du tapis. Le pied gauche reste tourné vers l’avant, comme dans Virabhadrasana I, avec le genou plié à 90°, au-dessus de la cheville. Ici, contrairement au guerrier I, les hanches sont largement ouvertes et vous êtes dans le sens de la longueur du tapis.

Les bras sont ouverts de part et d’autre, les épaules étirées loin des oreilles. Le regard est porté loin vers l’avant, vous fixez un point à l’horizon au-dessus du majeur de la main gauche.

 

Symbolique de la posture

Ce guerrier est davantage ancré dans la terre, il symbolise spirituellement le maintien de l’ordre dans le Monde. Les bras étirés de chaque côté représentent le passé et l’avenir. C’est une posture d’ouverture reflétant la puissance et l’engagement.

 

 

Quelles sont les contre-indications à la réalisation des Guerriers I et II ?

Il convient d’éviter de pratiquer ces postures si vous souffrez d’une pathologie affectant la rotule ou la capsule synoviale. Au début, il est recommandé de réduire l’écart entre les pieds afin de moins forcer sur l’articulation du genou.

Par ailleurs, si vous souffrez de vertiges, gardez la tête droite dans la posture du Guerrier I. Enfin, maintenez la colonne droite et engagez vos muscles abdominaux pour ne pas causer d’écrasement dans les lombaires.

 

 

Les points forts et les bienfaits des Guerriers I et II

Nous le rappelons, il est important de garder le genou aligné avec le deuxième orteil et la rotule bien axée. Lorsqu’ils sont pratiqués convenablement, les guerriers peuvent même contribuer à la bonne santé du genou.

En agissant sur le renforcement de la voute plantaire, les guerriers corrigent les déformations du pied. Ils musclent la jambe et la hanche et améliorent l’état global de la jambe et particulièrement du genou. C’est une posture idéale pour muscler les épaules et le dos, qui rétablit l’équilibre du corps et améliore l’équilibre en agissant sur l’oreille interne. Cette posture donne de la stabilité intérieure et une forme d’assurance et permet de se tourner vers l’avant (aller de l’avant).

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