(par choix ou par contrainte)

Vivre un accouchement naturel est une expérience inoubliable. La plupart des femmes l’ayant expérimenté ne regrette pas une seule seconde leur choix, quand elles l’ont eu… En effet, il peut vous arriver de ne pas pouvoir faire autrement alors autant s’habituer à l’idée et s’y préparer.

Pourquoi sans péridurale ?

Deux cas de figure peuvent se présenter. Soit vous avez décidé de ne pas en demander et vous ne craquez pas le jour J, soit vous en voulez une mais les choses ne se passent pas comme prévu.

Pourquoi de ne pas demander de péridurale ?

Prendre cette décision est une chose, s’y tenir au moment critique en est une autre. Il est extrêmement difficile de refuser un soulagement quasi-immédiat à une douleur, n’ayons pas peur des mots, atroce. Pour y arriver, il faut être doté d’un mental d’acier et pour cela avoir bien réfléchi aux raisons qui nous motivent.

Aujourd’hui, beaucoup de femmes veulent vivre leur accouchement pleinement et de manière naturelle. Elles refusent l’utilisation de produits chimiques sur leur propre corps et celui de leur bébé. Elles veulent expérimenter la douleur comme des milliards de femmes l’ont fait avant elle et aller au bout de leur animalité et vivre ainsi leur accouchement comme un rituel de passage.

Rappelons que la péridurale peut avoir des effets secondaires allant de désagréables (très fortes migraines, vomissements…) à mortels (cas rarissime) en passant par tout un tas de complications plus ou moins problématiques (lésions neurologiques, méningites…). Mais rassurez-vous, la plupart du temps tout se passe très bien !

Quand les choses ne se passent pas comme prévu

Pour différentes raisons, il est possible que vous ne puissiez pas bénéficier de votre demande de péridurale. Tout d’abord, il faut savoir qu’on estime qu’entre 8 et 24 % des cas, la péridurale fonctionne mal voire pas du tout. Il peut notamment arriver à certaines femmes de n’être soulagées que d’un côté du corps, une sensation certainement difficile à gérer.

Également, il est possible que vous arriviez trop tard à la maternité. Si votre col de l’utérus est dilaté à plus de 8 cm, on ne pourra plus vous la poser. Dans ce cas, essayez de ne pas paniquer : vous avez fait le plus gros du travail.

Dernière possibilité, votre état de santé ne vous permet pas de recevoir de péridurale. Vous pouvez être allergique au produit anesthésiant ou bien suivre un traitement anti-coagulant si vous avez la jambe dans le plâtre par exemple… Oui oui, cela peut arriver !

Dans un cas comme dans l’autre, il vaut donc mieux se préparer à accoucher sans péridurale, on ne sait jamais…

Les 7 étapes à suivre pour se préparer à l’accouchement sans péridurale

Les conseils de Sage femme pour la préparation du travail à la maison sont:

  • Quand les premières contractions se font sentir, chauffer la pièce (augmenter la température, se couvrir ou prendre une bouillotte)
  • Mettre une playlist de notre choix, préparée au préalable
  • Tamiser les lumières (allumer une petite guirlande ou une bougie symbolique)
  • Ne pas parler, pour mieux entrer dans sa bulle
  • Trouver son cocon (souvent les femmes accouchent dans leur salle de bain tel les chattes qui s’isolent dans un placard, les espaces restreints sont propices au travail)
  • Danser et libérant le bassin, chanter des sons graves tel un animal ou le « Aum »
  • Manger 3 fèves de Cacao pour accélérer le travail
  • Cela n’a pas été mon cas mais certaines femmes se masturbent pendant l’accouchement, ce qui permet d’aider à supporter la douleur
  • Aller à l’hôpital lorsque les contractions durent 1 minute et reviennent toutes les 4 minutes
  • Garder la douche pour la fin du travail quand on en peut plus du tout
Accepter

La première étape est bien sûr d’accepter cet état de fait : la péridurale n’est pas garantie à 100 %. Tout comme savoir que 20 % des accouchements finissent en césarienne aide à relativiser lorsque cela nous arrive. Avoir cette information à l’esprit permet de mieux se préparer mentalement.

Si vous comptez trop sur le soulagement que procure cette anesthésie locale, vous risquez de ne pas réussir à gérer la douleur aussi bien que vous l’auriez fait en étant pleinement préparée. Peut-être cela vous poussera même à ignorer les cours de préparation à l’accouchement et leurs fameux exercices de respiration en vous disant que vous n’aurez pas besoin de ces techniques de grand-mère.

S’entrainer à respirer et à pousser

Cela peut sembler très cliché toutes ces femmes qui respirent rapidement et bruyamment pendant les cours de préparation à l’accouchement et pourtant rien n’est plus utile pour gérer la douleur. Vous en aurez forcément besoin à un moment donné, ne serait-ce que pour réussir à rester immobile pendant la pose de la péridurale tant désirée. En effet, la douleur est tellement forte que vous aurez tendance à trembler et à vous tortiller dans tous les sens… Courage ! C’est pour la bonne cause.

Comprendre comment bien pousser est essentiel. On a souvent dans l’idée qu’il suffit de contracter ses abdos pour aider le bébé à sortir mais il ne s’agit pas de cela. Il faut faire en sorte de pousser tous ses organes digestifs vers le bas.

Il est assez facile de faire la différence en posant la main sur son nombril : contracter les abdos rend le ventre plus plat alors que pousser pour l’accouchement à tendance à faire ressortir le ventre. Les sages-femmes vous l’expliqueront parfaitement et vérifieront que vous savez bien le faire avant la fin du cycle de cours donc veillez à bien y participer. C’est essentiel pour que votre bébé sorte rapidement.

Votre instinct animal et votre corps seront les acteurs principaux de cette aventure qu’est l’accouchement. L’accouchement ne passe pas à travers vous, c’est à vous d’incarner votre corps, de lui faire confiance et d’être à la fois dans l’action et à son écoute pour qu’ensemble vous puissiez mettre en oeuvre le processus d’ouverture.

Caroline Nagel
Garder son sang-froid le jour J

Vous étiez pleine de courage avant le jour J, mais maintenant que les contractions de travail ont commencé, vous sentez faiblir votre volonté à chaque minute qui passe. C’est normal ! La douleur fait son effet. Essayez de ne pas paniquer pour autant. Respirez profondément du début à la fin de chaque contraction et reposez-vous dès que vous le pouvez. Économisez vos forces, car vous ne savez pas combien de temps le travail va durer.

Si au contraire, vous avez besoin de bouger, d’être active, vous pouvez vous asseoir sur un ballon géant et onduler du bassin pour vous soulager ou bien vous pouvez danser pour détendre votre corps. Vous pouvez étirer vos bras avec un tissu suspendu au dessus de vous (sur les barreaux d’une mezzanine ou un arbre par exemple). Le fait de saisir avec ses mains donne de la force : saisissez les mains de votre sage femme pour un regain d’énergie. Si vous êtes en compagnie de votre conjoint, demandez-lui de vous aider à rester calme : en vous massant le bas du dos, vous parlant, vous rassurant, en vous disant que vous êtes forte et belle ou toute autre action qui pourrait vous apporter du réconfort. Parlez-en avant le jour J et mettez une stratégie au point.

Car durant le jour J souvent on est dans sa bulle et pour ne pas en sortir la parole doit être limitée au maximum !!!

Lors de ma préparation à l’accouchement, je me rappelle avoir été choquée par cette phrase : « Pour les premiers accouchements, on dit qu’un accouchement court dure environ 8 à 10 heures alors qu’un accouchement long dure entre 16 et 20 heures. »

Respirer et visualiser la douleur

Gérer la douleur n’est pas une mince affaire. À chaque nouvelle contraction, prenez de grandes inspirations et expirez avec force, comme si vous cherchiez à sortir la douleur par la bouche. Cette technique est réellement efficace : à chaque expiration, la douleur est un peu moins forte.

Vous pouvez aussi essayer de visualiser la douleur et la pousser en pensée vers le bas. Cette approche marche bien si vous vous tenez assise ou accroupie pendant le travail. Vous pouvez même réaliser un mouvement du corps et des bras simulant une poussée vers le bas tout en expirant. Cela vous aidera à canaliser votre énergie et à détourner votre attention de la douleur.

Quand tu ressens une douleur à un endroit c’est dans cette partie qu’il faut pousser, c’est la tête que dessine doucement son chemin.

Conseil de Caroline des Tata Doula

Avant l’engagement complet de la tête du bébé dans le bassin, il y a une phase de désespérance où souvent les femmes partagent le fait qu’elles vont mourir ou ne pas y arriver. Souvent, ce moment précède l’expulsion : la femme hurle qu’elle veut une péridurale mais étant dilatée à 8 ce n’est plus envisageable. Elle va alors devoir unifier toutes ses forces et puiser à l’intérieur d’elle même pour trouver la force de continuer : elle va pouvoir alors entrer dans un état de transe et arrivera ainsi à enfanter. Pour favoriser ce passage d’un état de conscience à un autre, la femme qui accouche devra entrer dans sa bulle et ne pas y être dérangée.

Je me rappelle avoir eu l’impression d’être une lionne en cage faisant les 400 pas, rugissant de toute ses forces, avec cette sensation urgente de devoir sortir !

Choisir une bonne position pour accoucher

Tout le monde le sait maintenant, être allongée sur le dos n’est pas une position physiologique. Elle n’est pas adaptée pour la mère et favorise l’épisiotomie. En fait, le personnel médical vous impose cette position parce que c’est plus pratique pour eux ! N’hésitez pas à faire valoir vos droits et à demander d’accoucher dans la position qui vous convient.

Être allongée sur le côté est beaucoup plus adapté : cette position permet au bassin de s’ouvrir correctement et à la mère de pousser plus efficacement, tout en assurant un certain confort. La position accroupie est idéale car la gravité pousse naturellement le bébé vers le bas. Elle peut cependant se montrer difficile à tenir lorsqu’on est épuisée.

Partage : Les indiennes se positionnent dos à un mur, plus exactement dans le coin d’une pièce et de manière accroupis pour accoucher.

Tout donner quand bébé arrive

Au moment où votre petit est prêt à sortir, cela va vous sembler être une évidence. Même si vous avez réussi à ne pas crier pendant toute la période de travail, vous allez pousser un terrible cri sans même trop savoir pourquoi. C’est normal, toutes les femmes le font ! C’est en général à ce moment que la sage-femme arrive rapidement dans la salle d’accouchement en disant : « Ah ! Il arrive ! ».

C’est le moment de rassembler vos dernières forces et de donner tout ce que vous avez. Si cette phase vous fait particulièrement peur, ne vous inquiétez pas, vous avez vraiment fait le plus dur. Contrairement à ce qu’on a tendance à penser, le moment le plus difficile d’un accouchement est lors des contractions. L’expulsion, à moins qu’il n’y ait de grosses complications, ce qui est assez rare, est assez rapide et moins douloureux que la phase de travail. Le fait de pousser pendant les contractions les rend moins douloureuses.

C’est le moment de mettre à profit vos cours de préparation à l’accouchement. Poussez correctement à chaque nouvelle contraction. Il suffit parfois de ne pousser que deux ou trois fois pour que le bébé sorte. Ce n’est donc plus qu’une question de minutes. En accouchant sans péridurale, vous sentirez réellement votre bébé passer et sortir de votre corps. Cette libération est intense et inoubliable.

Récupérer

Votre bébé est sorti, il va bien et est allongé sur vous, se remettant lui-même de ses émotions. Ne l’oubliez pas, lui ou elle aussi vient de vivre une expérience extraordinaire. Il est donc important de lui offrir votre soutien physique et mental même si vous vous sentez à bout de force. Faites-vous confiance, vous avez la fibre maternelle puisque vous avez porté ce bébé pendant 9 mois dans votre utérus.

Qu’on le fasse par choix ou par obligation, l’accouchement sans péridurale est une expérience unique qui restera gravée à tout jamais dans votre corps et votre mémoire. Même si la douleur vous fait perdre un peu la tête, essayez de le vivre pleinement, en vous abandonnant aux sensations qui vous assaillent. Ce ne sera jamais une décision que vous pourriez regretter.

Votre corps et votre esprit se sont habitués à cette idée tout au long du processus et vous êtes maintenant prête à faire tout ce qu’il faut pour votre petit. Laissez votre instinct de mère vous guider. Ne faites rien qui va à l’encontre de votre intuition. Si vous sentez que votre bébé a faim ou a sommeil, c’est surement le cas. Vous êtes la mieux placée pour le savoir. Souvent, la première action naturelle de la maman sera de placer son bébé sur son torse nu et ainsi garder le contact peau à peau. Les larmes, la joie et l’hormone du bonheur font irruption : c’est le plus beau moment de la vie d’une femme. Ce calme intense après la tempête…

Chaque femme a dans son corps le secret de l’accouchement.

Méditation

Voici une petite méditation qui m’a beaucoup aidée à préparer mon accouchement. Je rappelle qu’il s’agit d’un joli exercice que l’on peut faire plusieurs fois pour ainsi visualiser plusieurs scénarios.

Mais il ne faut en aucun cas avoir trop d’attentes afin de ne pas être déçue. Chaque accouchement est un rituel de passage avec sa beauté et transformera la femme en mère à tout jamais !

Ma première fille Athéna est née en 37 heures avec péridurale. D’abord dans un chateau magnifique puis transportée à l’hôpital de Nanterre.

Ma deuxième fille Aum est née en 2h30 sans péridurale à la maison. Debout dans ma baignoire.

Aucun de ces scénarios n’avaient été imaginés avant ça !!!

Il n’y a pas de meilleur accouchement qu’un autre, il y a juste différentes histoires.

Pacifier ses lignées verticales ( parents – ancêtres) est peut être le seul conseil que j’aurais à donner. Si on le peut encore, demander à sa maman comment s’est déroulé notre accouchement… Se rapprocher des siens en leur partageant notre ressenti et developper ses relations horizontales avec des amies qui nous encouragent, qui prennent soin de nous et qui nous inspirent.

Belle méditation à vous

Si vous avez besoin de conseils pour accompagner votre grossesse et trouver les meilleures préparations à la naissance ainsi qu’une préparation physique via le Yoga Prénatal, n’hésitez pas à consulter nos articles à ce sujet. Je suis spécialisée en Yoga Prénatal et je serais donc ravie de vous répondre et vous soutenir.

Partage de femme sur leurs accouchement

Si vous avez envie de partager votre histoire écrivez nous !!

Les accouchements de Hortense Kanaan

Lors de ma première grossesse, je ne me suis pas interrogée sur les différentes options qui pouvaient s’offrir à moi pour l’accouchement. L’éventualité d’un accouchement naturel n’existait même pas, et encore moins dans les conversations avec mon entourage. Autour de moi, j’entendais plutôt des commentaires du type « Pourquoi s’imposer de souffrir, nous ne sommes pas des animaux » ou « Les accouchements physiologiques sont un retour au Moyen-âge ».

J’ai donc suivi le mouvement qui avait l’air de fonctionner pour les autres, et j’ai organisé mon accouchement sous péridurale, dans une clinique privée. Malheureusement, mon corps n’a pas bien réagi au cocktail artificiel auquel j’ai eu droit (comme la plupart des femmes qui accouchent dans ces conditions), et cet accouchement s’est avéré bien plus difficile que prévu. Après plusieurs faux-départs en césarienne d’urgence, j’ai finalement accouché par voie basse sans comprendre ni sentir ce qu’il se passait.

Ma fille et moi allions bien malgré tout, mais il m’a fallu plusieurs semaines pour réaliser ce qui était arrivé … A tel point que lorsque je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant, la joie de cette nouvelle a rapidement laissé la place à l’angoisse de l’accouchement.

Pendant les premiers mois de grossesse je rêvais même d’avoir une césarienne « de confort », qui me donnait l’impression d’être la seule solution pour éviter de revivre cette expérience qui me semblait si dangereuse pour la vie de mon enfant, et pour la mienne. Cette fois-ci, j’accouchais à l’hôpital, et j’ai eu la chance d’avoir des interlocuteurs très à l’écoute de mon traumatisme, et de ma volonté de retarder au maximum la pose de la péridurale. Je voulais sentir ce travail, comprendre ce qu’il se passait dans mon corps, et surtout éviter la stagnation des contractions.

Par chance, on m’a conseillé de consulter une sage-femme qui pratiquait l’acuponcture. J’ai pu grâce à elle, déposer mes angoisses, et apaiser les maux de fin de grossesse. Le travail s’est déclenché quelques heures après notre dernière séance (10 jours avant le terme). J’ai perdu les eaux spontanément en pleine nuit, les contractions étaient présentes, mais tout à fait tolérables.

Loin d’être angoissée, j’étais presque euphorique (merci l’acuponcture !). En arrivant à l’hôpital, je reprécisais ma volonté de recevoir la péridurale, mais le plus tard possible. Mon col était à peine ouvert, et les contractions commençaient à se faire sentir…le travail s’annonçait lent, mais j’étais décidée à puiser dans mes ressources. J’avais confiance en mon corps, confiance dans ce processus naturel.  Une heure et demi après notre arrivée, je passais un cap dans la douleur : les contractions, de plus en plus douloureuses, mais qui jusque-là s’espaçaient, devinrent soudain continues. Je sentais mon corps s’écarteler, et la tête de mon enfant descendre.

Quelques minutes plus tard, on arrivait pour me poser cette fameuse péridurale, mais trop tard, et mon fils est né alors que je sentais mes entrailles se déchirer. Cet accouchement naturel n’était pas un choix, et je mentirais en disant que je n’ai pas eu mal. Mais cette douleur est la plus naturelle que j’aurais pu imaginer. Je crois que ce jour-là, en donnant naissance à cet enfant de cette façon, j’ai aussi rencontré mon corps de femme, de mère.

Et si j’ai un troisième enfant un jour, c’est sans la moindre hésitation que j’opterai pour un accouchement naturel.