Depuis des siècles, la femme fascine. 

Elle est celle qui donne la vie, elle incarne la créativité à l’état pur. 

Femelle nourricière, mère, amante, sensuelle donc provocante, elle fait l’objet de mille et une œuvres, reportages, tableaux, photographies, chansons, livres ; elle inspire les artistes (hommes et femmes) de tout bord. 

Dotée d’instinct animal et d’intelligence humaine, elle en devient redoutable.

Comment aborder le sujet de la femme magicienne sans évoquer les traques et les maltraitances dont elle fut la victime ?

Brimée, blâmée souvent pour la seule et unique raison d’être née femme, elle cherche à s’émanciper du contrôle et de la pression injustifiés que se sentent en droit d’exercer des hommes à son encontre. 

À un certain moment de l’Histoire, la virilité, le patriarcat revêtent l’habit de l’Église (ou d’autres religions). Se couvrent d’une cape de prétendue bienséance, adoptent le nom d’État de droit. Il faut marcher au pas, désormais. 

Qui sont ces marginales qui refusent de courber l’échine ? Ces devineresses, ces impies, ces femmes sauvages qui profèrent d’infâmes formules magiques, assument leur sexualité ? Cela fait tâche. Elles doivent être punies.

Pour contrôler, s’octroyer le droit de faire mal, de bannir, voire de tuer, il faut avant toute chose donner un nom, un label : ce sera Sorcière.

Sont taxées de païennes, maléfiques, diaboliques toutes celles quisortent du rang. Celles qui soi-disant pactisent avec le diable, échappant au contrôle rigide d’une religion, d’un gouvernement toujours plus totalitaire.

Depuis la nuit des temps, souvent dans son coin, parfois publiquement, la femme connectée à son essence fertile sème et récolte, soigne avec les plantes, elle a compris qu’elle n’est pas tributaire de la société pour subvenir à ses besoins. Autonome, indépendante, elle cultive son jardin et fait fleurir son jardin intérieur comme cela lui chante ; d’ailleurs elle chante, danse, plante ses pieds dans la terre et tournoie. La femme est libre. 

Indomptable, c’est le mot. Comme un cheval sauvage, elle avance avec prudence lorsqu’on lui tend la main, renifle et hume, ouvre ses antennes, interroge sa voix intérieure avant de prendre une décision. 

Sa boussole interne est intacte et guide chacun de ses pas. 

Qu’est-ce qu’une sorcière, ancienne ou moderne, si ce n’est une femme qui a pris conscience de son pouvoir, de sa féminité et de son intuition ?

Donnez-lui le nom de sorcière si cela vous sied, elle se situe hors des cases. Elle crée sa propre identité, multiforme et évolutive, au fur et à mesure qu’elle apprend, expérimente, teste, au sein de formations ou à l’école de la vie.

La sorcière s’émancipe, elle respire, sans entrave elle vibre. 

Elle peut prendre l’image d’une amazone parisienne, d’une yogini, d’une chamane ou d’une business woman au courant de sa force. 

Nous sommes toutes les dignes héritières d’une puissante magie, nous la portons en notre sein, dans nos cœurs, elle s’exprime dans chacune de nos cellules lorsque nous lui laissons l’occasion de se manifester. 


Celle que nous appelons sorcière a pris conscience de son art et lecultive au moyen de rituels, de cérémonies sacrées, elle augmente sa vibration grâce à des soins adaptés, des techniques de respiration, des postures de yoga. Elle chante, danse, active son corps, chacune de ses cellules vibre à haute fréquence.

Elle peut revêtir toutes les formes, ne se conforme pas à un idéal de perfection physique car elle sait que la véritable force est ailleurs. 

Elle est un mélange de douceur bienveillante et de détermination. À l’image du feu nourricier elle est capable de réchauffer l’âme mais aussi de brûler.

La sorcière possède une palette de couleurs et d’outils allant de la simple capacité mentale à faire le vide jusqu’au pouvoir magique avéré lui permettant de guérir son prochain. Elle utilise ses mains, sa voix, son corps entiers et a parfois recours à des sciences occultes. 

Certaines d’entre nous se mettent en transe pour accéder à des informations venues d’autres mondes. Certaines utilisent les cristaux, dont elles connaissent les propriétés, pour apaiser les maux. D’autres encore sont expertes dans la lecture du tarot, la compréhension du pendule, du bâton de sourcier pour débusquer l’eau dans les régions asséchées. 

Femme sorcière celle aussi qui prédit l’avenir en utilisant les signes envoyés par l’Univers. Inspirée par la Nature, elle s’initie au langage de la Terre et communique avec les animaux. 

Certaines s’approprient le rôle de fédératrices, elles ont compris l’importance de se connecter avec ses semblables et d’évoluer parmi les hommes. Elles incarnent la femme maternelle qui milite pour le bien de tous, parce que seul on va certes souvent plus vite mais ensemble, on va sans aucun doute plus loin.

Cette femme-mère-ci prend le temps de rassembler, communiquer, échanger des soins et des intentions.

Elle assiste ou organise des cercles de femmes ou des moments de partage dédiés où chacun, chacune s’exprime lors d’un temps de parole, laisse libre cours à ses émotions et ressentis, dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit les plus totales. 

Ainsi, ensemble, réunis dans une même vibration, nous nous élevons et de cette façon rehaussons l’énergie du lieu, de l’instant, du monde.

À l’unisson sous la lune, hurlant comme des louves, ou dans le silence d’une méditation introspective, nos âmes individuelles se marient pour ne former plus qu’une. Sauveuses de la planète, les femmes ? Intrigantes ou génératrices d’humanité et de davantage de bienveillance ? Nos cœurs et âmes à l’unisson vous souhaitent une merveilleuse année 2020… <3