Du Rainbow au Burning Man

Festoyer, fêter, célébrer. Bout à bout, tout et n’importe quoi est une occasion de célébration. Que ne célèbre-t-on pas? 

  • Le baptême, la confirmation, le marriage, les funérailles, pour la religion (chrétienne).
  • L’âge de raison, le baccalauréat, la remise des diplômes, le premier job, les pots de départs, les suivants, la retraite pour la carrière professionnelle.
  • les anniversaires et les evjf en occident, le rite de passation à l’âge adulte dans les tribus, les prénoms dans les pays de l’est européen.

A-t-on pris l’habitude de tout célébrer, comme par mimétisme de la bienséance des us et coutumes ou peut on trouver du sens dans nos célébrations? L’idée de rituel revient à la mode car longtemps, on s’est reposé sur la tradition et il est temps de remuer la fourmilière pour arborer des valeurs lors de la nouvelle célébration, qui se veut cérémonieuse et heureuse. On se retrouve même pour honorer la lune, faire des cercle de chant, de femmes, d’hommes, boire du cacao en lui rendant ses vertus sacrées. Et il existe un certain nombre de festival qui ont une scène main stream et un espace de sanation aujourd’hui. On cherche à renouer avec la Terre, trop souvent oubliées depuis la marche effrénée de l’industrialisation.

Il existe des festivals complètement hippy comme le rainbow. Sur un terrain loin de tout, dans la nature et avec une source d’eau, des rassemblements régionaux aux rassemblements internationaux s’organisent et chacun propose ses activités ou prend juste le temps de reconnecter à soi. C’est le paroxysme de la communauté idéale et éphémère, on y célèbre la pleine lune et toute la vie s’organise autour des retrouvailles à soi et au rythme de la Nature. Décalé et utopique, ce genre de festival peut être déconcertant pour une première approche.


Le festival par excellence, jugé trop commercial par certains n’en est pas moins une incroyable expérience d’une autre réalité. 80 000 personnes cohabitent en offrant ce qu’ils ont de meilleur. En effet le Burning Man (BM) est un festival collaboratif cocréé par tous les participants. Chacun est donc libre d’y vivre son rêve et l’expérience sera surement proportionnelle à l’énergie que chacun y investit. A mon sens, le Burn s’inscrit clairement dans la perspective des festivals conscients, car il donne la possibilité de multitudes d’ateliers sur le développement personnel et offre une scène musicale et artistique variée et sans commune mesure. C’est la possibilité de visiter une autre dimension sur la planète Terre. 
Le Boom son cousin européen est assez psychédélique dans son genre. L’art y est incroyable et la musique fait battre les coeurs nuit et jours, mais les sets musicaux se finissent en dépotoir, avec toutes les bouteilles d’eau et les canettes lâchement abandonnées sur les pistes de danse- sauf dans la Healing Area, où tout est plus harmonieux. Au Burn, le principe du “Leave no trace” est une des règles qui impose à chacun d’être responsable de ses déchets. Toute la logistique qu’incombe une présence au fin fond du désert doit être gérée par chacun pour une semaine. En terme de coût écologique, la question est ouverte et discutable, puisque le BM mobilise des moyens sans précédents; mais en terme d’idéaux, les postulats sont posés. 


Il existe des Burn régionaux, le Nowhere est la version espagnole qui célèbre 13 ans de fête en 2020. C’est déjà un grand pas à échelle personnelle. La musique et la vibration générale que soulève cette initiative, loin de tout ce que l’on connait au quotidien nous permet déjà de vivre différentes expériences et rencontres où l’immédiateté est un autre principe garant de sensation. On ne projette pas l’intellect sur le futur, on y vit le moment présent, c’est un grand signe de rupture avec notre disposition habituelle. On maximise ainsi l’écoute de ses émotions au moment donné, comme si on pouvait manifester sa propre nature avec un peu plus de véracité, puisque rien n’est obligatoire ou requis. C’est une manière de cultiver sa qualité de Présence, sa disposition au monde et de trouver du sens aux choses.Dans un format encore plus intimiste, familial et convivial, le Agni Spirit Festival se distingue des Burns car il y a toujours eu jusqu’ici un point d’eau, lac ou rivière, et il regroupe des yogis et d’autres praticiens du bien-être.

On y célèbre allègrement et en musique le solstice d’été. Ce festival est définitivement le plus accessible de tous ceux évoqués précédemment et le moins onéreux,  avec une équipe de choc pour s’initier à toutes les pratiques du bonheur et même au chamanisme.
Compter pour une semaine au Burning Man, les billets d’avions vers San Francisco, un moyen de transport sur place pour rallier Black Rock City (1000€ de transport), les tickets (500 à 1500€) et la nécessité de s’équiper ou de se rallier à un camp (500 à 1500€). Combien coute l’expérience du Burning Man alors? Même en serrant les budgets, difficile de dépenser moins de 2000€.Pour 3 jours à Agni, en voiture depuis Barcelone avec des possibilités de covoiturage (300€ avec les billets d’avions depuis Paris), 180€ les tickets d’entrées et quelques emplettes en amont et sur place (50 à 150€). Le Nowhere revient proportionnellement au même coût, mais pour une semaine, compter 700€. Le Rainbow quant à lui est à libre contribution et bon nombre de participants s’y rendent en stop. 

Lequel de ces festivals vous inspire le plus? Il fait bon penser à l’été.Ce qu’il y a de beau dans ces festivals, c’est qu’ils ont tous une retribution à la Nature. Ils se calent sur ses cycles, pour célébrer la vie au delà de notre individualité, mais dans son essor qui fait de chacun de nous les nucléons d’une humanité unie.
A l’heure même où je vous écris, je vole vers le Guatemala et enseigne sur le festival Cosmic Convergence au Lac Atitlan. Un portal prometteur et une rampe ascendante vers la nouvelle année, au cours de laquelle, j’enseignerai sur le Agni Spirit (Maricha aussi, Organic Alchemy Yoga bien représenté), puis au Nowhere et au Burning Man. See you on the other side 😉

Ola Jas