METHODE : 4 ÉTAPES POUR DÉBUTER

De nouvelles écoles Montessori ouvrent régulièrement en France, mettant en lumière cette pédagogie alternative qui a été fondée en 1907 par Maria Montessori. Docteur en médecine, psychiatre, militante socialiste et féministe, Maria Montessori a été précurseur dans la compréhension de l’enfant grâce à des années d’observation scientifique.

Les bienfaits de cette pédagogie ne s’observent pas uniquement dans les écoles, puisqu’il est tout à fait possible de l’appliquer chez soi, dès la naissance de son enfant.

Mélodie, éducatrice Montessori, maman d’un petit garçon et fondatrice de la première box Montessori pour les enfants de 0 à 3 ans, vous donne quelques conseils pour créer un environnement Montessorien chez soi.

1. Penser l’aménagement de la maison

Votre foyer constitue l’environnement principal de votre enfant, qui va se « nourrir » de toutes les expériences qu’il va pouvoir vivre au sein de cet espace, grâce à son « esprit absorbant ». Il est donc essentiel d’aménager votre lieu de vie afin d’offrir une ambiance favorable au développement de ses potentiels.

Lorsque l’on souhaite aménager sa maison selon la pédagogie Montessori, il faut observer son enfant et s’interroger sur comment l’aider à être autonome, à réaliser les gestes du quotidien sans qu’il ait besoin de nous demander de l’aide.

En pratique :

L’environnement Montessori est un environnement minimaliste, nous allons donc dans un premier temps épurer et désencombrer l’espace. Les murs neutres, sobres, les couleurs claires et les tons pastel sont à privilégier.

La motricité libre a également beaucoup d’importance : nous allons favoriser la liberté de mouvement de l’enfant, avec une surface au sol libre suffisante pour qu’il puisse bouger sans entrave. Dans cette optique, l’utilisation du parc et du transat est à limiter le plus possible, et le lit au sol est préconisé dès lors que votre enfant sait se déplacer seul.

Le mobilier doit être adapté à la taille de votre enfant : par exemple, pour disposer les jouets de votre enfant optez pour une étagère basse. Lorsqu’il sait marcher, proposez-lui une chaise et une table à sa hauteur. L’objectif est que votre enfant puisse évoluer dans l’environnement sans avoir à vous demander de l’aide. Cela va également passer par un accès à un point d’eau pour pouvoir se laver les mains et les dents en autonomie, que ce soit à l’aide d’un marchepied ou d’un petit meuble à sa hauteur.

2. Trier les jeux de son enfant

Trier et limiter le choix des jouets à la disposition de votre enfant, dans un espace ordonné, va faciliter les apprentissages. Cela va également favoriser la sérénité de votre enfant, pour qui l’ordre extérieur va apporter de l’ordre intérieur, et donc du calme.

En pratique :

Les jouets et activités de votre enfant doivent être rangés à sa portée, puisqu’il doit pouvoir choisir librement son activité. Nous allons organiser des rotations afin de laisser uniquement 6 à 8 jeux à sa disposition.

Les matériaux utilisés doivent être les plus nobles possible. On va donc par exemple éviter le plastique (qui est un matériau pauvre d’un point de vue sensoriel), et privilégier le bois et les matières naturelles. Nous allons également préférer les jeux « simples » qui comportent qu’une seule difficulté à la fois. En effet, l’isolation de la difficulté est un critère essentiel du matériel Montessori : en plus de faciliter l’acquisition de la compétence visée, cela favorise la concentration et permet d’éviter de mettre en échec votre enfant.

3. Impliquer son enfant dans les tâches quotidiennes

Dès le plus jeune âge, votre enfant peut participer aux activités de la maison. Il va y prendre beaucoup de plaisir, développer sa confiance en soi et travailler de nombreuses compétences, comme la coordination œil-main.

En pratique :

Entre 1 et 2 ans, votre enfant peut déjà commencer à vous aider avec des tâches simples. Par exemple : mettre du linge dans la machine à laver, transporter des objets, commencer à mettre la table, passer l’éponge, transférer des aliments d’un bol à un autre…

Ensuite, il sera possible de demander à votre enfant de balayer, utiliser des pinces à linge, effectuer des tris…

Il suffit d’observer son enfant afin d’identifier les tâches que nous pouvons lui demander, en fonction de ses capacités.

4. Se comporter en modèle et développer une posture « non-interventionniste »

L’enfant a une forme d’intelligence particulière que l’on nomme « l’esprit absorbant ». C’est-à-dire qu’il va « absorber » son environnement comme une éponge et agir par mimétisme. Il est donc important que nous nous comportions en modèles. Maria Montessori écrivait : « L’éducation est un processus naturel chez l’enfant qui n’est pas acquis par les mots, mais par l’expérience de son environnement ».

J’ajoute également qu’il faut apprendre à lâcher prise, à faire confiance en votre enfant et en ses capacités, afin d’intervenir le moins possible. Nous avons trop souvent tendance à devancer les besoins de notre enfant, et par exemple l’aider avant même qu’il le demande.

Or, plus nous intervenons et plus nous rendons notre enfant dépendant. Cela peut aussi priver notre enfant de la répétition, répétition dont il a besoin pour ses apprentissages.

En pratique :

Demandez-vous régulièrement « est-ce que mon comportement reflète bien mes propos ? » et appliquez les règles que vous demandez à votre enfant.

Lorsque votre enfant réalise une activité, intervenez uniquement s’il vous demande de l’aide (ou s’il y a un danger bien entendu).

Et enfin, rappelons que la pédagogie Montessori est avant tout une « philosophie », un « art d’être à l’enfant » qui implique de développer une posture bienveillante, d’être à l’écoute et d’observer son enfant afin de favoriser son développement et son épanouissement.

Mélodie Darne