Histoire Vraie

Après avoir passé une année sabbatique incroyable en Andalousie en 2008 (une grande et belle aventure), lors de mon retour, j’ai pu réintégrer mon emploi avec de nouveaux responsables.

Burn out au travail

Toutefois, je n’avais pas prévu une telle charge de travail, j’étais sur tous les fronts et cela a duré de 2009 à 2011, beaucoup de stress, de revendications et d’exigences de la part de mes supérieurs hiérarchiques. Un mercredi, je suis rentrée chez moi, je me suis assise sur mon canapé et j’ai commencé à pleurer, j’ai craqué et mes pleurs ont duré 5 semaines, je n’arrivais plus à m’arrêter et lorsqu’un jour je ne pleurais pas, je me disais, aujourd’hui je n’ai pas pleuré, oh miracle ! Mes chefs ne s’étaient pas rendus compte de l’implication et de la charge de responsabilités accumulées, je n’en pouvais plus, trop c’était trop, mon corps et ma tête ne suivaient plus, j’étais dépassée par les événements. Ça m’a fait comme un gros “clash” dans la tête (comme si la soupape de sécurité avait explosé).

Je me suis donc rendue chez mon médecin à qui j’ai expliqué la situation et j’ai pleuré aussi chez lui. Il m’a alors diagnostiqué le “burnout” et qu’il était grand temps de penser à moi, de me soigner et de retrouver ma vie là où je l’avais laissée. Mais le burnout est insidieux, vicieux, méchant et il vous perturbe totalement. C’était un sentiment atroce, j’avais l’impression de ne servir à rien, je me sentais inutile et je voulais “mourir”. Le soir, je me mettais à genoux dans le hall d’entrée et je parlais à Dieu en lui disant : “Dieu, je ne sers plus à rien sur cette terre, ce soir, je vais m’endormir et tu vas venir me chercher pour m’emmener avec Toi” (il faut le faire quand même !) avec le recul, cela me fait sourire aujourd’hui mais sur le moment, je vous assure que j’étais hypra déprimée, une loque, une pauvre petite chose, je n’étais plus rien du tout, juste l’ombre de moi-même.

Les premiers temps, je restais enfermée chez moi, je n’arrivais même pas à sortir car je ne savais pas quoi faire de ma peau car une fois que je me retrouvais sur le trottoir dans ma rue, qu’allais-je faire ? C’était très angoissant. Que faire de sa peau ?

Je n’ai pas voulu prendre d’antidépresseurs mais le médecin m’a prescrit un médicament à prendre le soir pour pouvoir dormir (le sommeil est réparateur) et comme ça, je ne ruminais pas la nuit, c’était déjà ça ! Je pouvais dormir mais mes rêves étaient souvent assez révélateurs de mon mal-être. J’écrivais tous mes rêves dans un cahier et j’en parlais ensuite à mon médecin. D’ailleurs, il est conseillé d’écrire… au début, je ne savais pas comment trouver l’énergie mais une fois que j’étais lancée, je ne m’arrêtais plus. Les premiers temps, je n’écrivais que du négatif, c’était terrible. Il fallait accepter que le temps passe. Puis peu à peu, j’ai repris goût à la vie, je suis allée régulièrement faire du sport (au début, je n’arrivais pas à me concentrer, j’étais dépassée par mon propre émotionnel et puis peu à peu, cela a été grandement bénéfique).

J’allais à la musique aussi (au début, je me disais que cela ne servait à rien et puis peu à peu, j’ai retrouvé le goût de chanter et de me retrouver avec mon frère et mes amis musiciens). J’ai également passé beaucoup de temps avec mon père qui était bienveillant, qui m’écoutait et qui partageait mes peines, il est resté très compréhensif et sans jugement. Il m’a donné tout son amour ! Merci Papa ! Lorsque j’ai commencé à me sentir mieux, j’ai pris l’envers de mon cahier et j’ai commencé à écrire du positif, Alléluia !

Le burnout c’est comme une dépression en pire :
  • Le clash (le pessimisme – l’épuisement – l’isolement – le laisser aller – le burnout).
  • L’acceptation (comme dans une dépression, on accepte son état, de toute façon on ne peut pas faire autrement, on a le droit de ne pas être bien).
  • La digestion (le lâcher-prise, on accepte la situation et on la digère, peu à peu on prend conscience de son état, il n’y a pas de honte).
  • L’extériorisation (on fait ce qu’il faut pour sortir tout ce que l’on ressent et on fait des choses pour se faire du bien, écrire, dessiner, faire du sport (le yoga est très bénéfique, la natation aussi), se promener dans la nature (enlacer un arbre fera le plus grand bien sans oublier de le remercier; reconnectez-vous avec la nature et avec vous-même). Voir sa famille, être aidée par son chéri, ses amis. Respirer l’air pur et s’émerveiller devant les fleurs, les animaux, les paysages, les petites choses de la vie quotidienne.
  • La récupération (on se sent mieux, on retrouve ses repères, sa joie de vivre, son bonheur, ses activités, on est bien en famille, bien avec les amis et on se sent renaître, c’est un sentiment réconfortant, enfin le bout du tunnel).

Il est très difficile de se remettre d’un burnout. Parfois, certaines personnes sont incapables de reprendre le cours de leur vie et leur activité professionnelle. Il arrive même que ces personnes changent de poste, d’entreprise ou même de profession. Vous avez le droit de changer de vie, de vous tourner vers une autre activité et d’autres centres d’intérêt. Rien n’arrive par hasard !

Par contre, certaines personnes y parviennent et reprennent leur poste, c’est un effort de chaque jour, il a fallu du temps, de la motivation, de l’implication, de la remise en question et bien choisir ce qui fait plaisir dans la vie pour retrouver l’épanouissement.

De toute façon, deux options s’offrent à vous soit :
  • rester dans son profond marasme et ne jamais s’en sortir; soit
  • prendre le “taureau par les cornes” et faire ce qu’il faut pour s’en remettre (la balle est dans votre camp).

Pour ma part, j’ai été heureuse de reprendre mon poste là où je l’avais laissé. D’abord, j’ai passé quelques mois à mi-temps et puis je l’ai repris normalement (mon burnout a duré de septembre 2011 à août 2012, avec une reprise partielle dès avril 2012). Depuis, tout va bien, je gère différemment. Par contre, si je suis débordée ou stressée, j’en parle avec mes supérieurs hiérarchiques pour ne pas laisser les situations s’envenimer (j’ai deux nouveaux jeunes chefs alors ça fait du bien de savoir qu’ils sont réceptifs et qu’ils tiennent à mon bien-être).

Lorsque l’on se remet d’un burnout, le côté positif c’est que l’on se sent plus fort qu’auparavant, comme une renaissance. J’ai récupéré mes capacités, mon entrain, ma joie de vivre, ma motivation, mes activités, tout ce qui faisait ma vie, mon professionnalisme et à présent, je gère différemment les problèmes de la vie quotidienne et de la vie professionnelle, je vais à l’essentiel. Il faut bien avouer que j’ai toujours été une personne positive et extravertie et cela aide beaucoup dans la vie. Allez, on se motive !

Par contre, il subsiste parfois des séquelles, on peut rester fragile. C’est pourquoi, il est vraiment important de prendre le temps, de se remettre en selle et être courageux. Personne ne fera le travail à la place de la personne qui a fait le burnout.

C’est comme lors d’une dépression, le psychologue ou le psychiatre donne des outils, ensuite la personne doit être capable d’utiliser ces outils pour faire le travail nécessaire pour se retrouver et être à nouveau bien dans sa vie et son corps.

Il n’y a pas de miracle, chacun est tenu de faire le chemin par soi-même. Sinon, vous pouvez suivre une thérapie toute votre vie et cela fera le bonheur des psychiatres (surtout de leurs portemonnaies).

Quelques lacunes… malgré ma reprise, j’ai pu toutefois constater que quelques “switch” de mon cerveau sont moins illuminés qu’auparavant. Par exemple, en tant que chanteuse, j’ai appris des dizaines et des dizaines de chansons par cœur toute ma vie et bien à présent, mon “switch musical est un peu en berne”, j’ai oublié une grande majorité de mes paroles. On s’en remet mais c’est un travail de chaque jour.

Acceptez la situation, nous ne sommes que des êtres humains avec nos failles, nos doutes, nos incertitudes, nos faiblesses. Mais la vie vaut la peine d’être vécue car elle est magnifique, magique, exceptionnelle, il y a tant de choses à vivre et de découvertes à faire.

Restez confiante et soyez gentille avec vous-même !

Que la force soit avec Vous !

Nathalie Nagel de Genève

PS : après mon burnout, une amie m’a vivement conseillé le livre “Les états d’âmes” – un apprentissage de la sérénité – de Christophe ANDRE aux éditions PAYOT. Selon elle, c’est le meilleur livre complet durant ses 20 années de lecture sur la psychologie. Je l’ai lu et vous le conseille également, cela a été très bénéfique pour ma part.