Julie Duval une femme intrépide qui réalise ses rêves. Elle ne cessera jamais de nous surprendre. Ses combats sont si actuels et plein de bon sens. Elle joue, elle boxe, elle crée. Julie vit sa vie. Vous pourrez la retrouver sur les planches du théâtre de la-tempete en Juin 2021 aux cotés de Bruno Blairet et D’Alix Andréani dans leur pièce « AUX POINGS » qui traite de l’émancipation de la femme à travers son corps et plus particulièrement par la pratique du Muay thaï.

Quel à été ton parcours?

J’ai grandis dans le sud de la France à Fréjus entourée de mes parents et de ma sœur. Enfant, je passais mon temps libre à construire des cabanes. Je jouais dans l’espace vert qu’il y avait à coté de notre maison avec ma petite sœur et mon voisin Kevin. Chercher des salamandres, attraper des têtards, ramasser de l’herbe pour mes lapins. J’ai vraiment grandis très proche de la nature. Mes parents ont souvent déménagés. Mon père est issu de la communauté des gens du voyage. Je crois que cela à influencé le fait que nous ne tenions jamais en place à un endroit plus de quelques années.

Ces changements d’écoles ont été un peu difficiles vis à vis des autres. Ce n’est jamais de se faire une place.Intégrer un groupe je trouve toujours cela délicat. J’ai arrêté l ‘école rapidement pour rentrer dans la vie active. J’étais une élève curieuse mais le cadre de l’école ne me plaisais pas pour l’apprentissage. Je n’ai donc pas songeais à faire de grandes études, je crois même n’y avoir jamais pensé. Je voulais devenir indépendante financièrement rapidement alors j’ai entrepris plusieurs petits boulots comme : caissière où encore vendeuse sur les marchés.

J’ai ensuite fais des études dans l’hôtellerie parce que je voulais un bagage. Je voulais voyager avec au moins un bagage. J’ai passé un CAP dans l’hôtellerie que j’ai obtenu. J’ai alors travaillé dans différents établissements. J’ai adoré créer en cuisinant. Ce qui est dommage c’est que lorsque j’ étais à l’école j’ai tout de suite été envoyée dans des établissements luxueux où tu n’as pas le droit à l’erreur. J’ai tenu quelques temps et puis l’ambiance, le cadre m’a fait partir. J’aime la rigueur dans le travail mais pas la pression, et encore moins une pression qui ne m’appartient pas. J’ai ensuite commencé des études dans l’esthétique. J’aime prendre soin de mon entourage et de moi. J’avais trouvé un poste dans un salon au bord de la mer  » Belle et Zen ». Ce fût une superbe expérience, je suis vraiment rentrée dans la vie active à ce moment là. Mais sur la Côte côte d’azur les hivers sont calmes et je commençais à m’ennuyer. J’ai commencé a réveiller d’ailleurs. Je me disais qu’il devait y avoir autre chose pour moi quelque part. J’ai toujours eu cette notion en moi d’un ailleurs.

À l’époque je partageais ma vie avec un garçon qui s’appelait Anthony et que j’aimais. Un jour il a reçu une proposition de poste pour travailler sur Paris dans un magasin de vente. J’ai donc décidé de le suivre, c’est comme ça que je suis arrivée à Paris.

En arrivant sur la capitale j’ai travaillé dans un bar à thé dans le 11 ème arrondissement.. J’ ai gouté tous les thés de la boutique, il devait y en avoir plus d’une centaine. Mon préféré c’est le thé blanc. Je me souviens que la propriétaire du lieu au fur est à mesure du temps est devenue insupportable. La pression de l’entreprise, la rentabilité du lieu etc… Je me suis alors dis que je ne resterais sûrement pas très longtemps à cet endroit, et qu’il me faudrait bientôt « un signe » pour partir ailleurs.

Que t’inspire paris? 

Lorsque je me promène dans Paris, c’est comme si je venais d’arriver. Je m’émerveille toujours d’une ruelle que je n’avais pas encore empruntée, d’un épicier, d’un parc, d’une petite plaque sur une maison indiquant : Ici vécu ….

Paris pour moi c’est une femme qui m’a ouverte les bras et qui m’a dit: Ici tout est possible, ici tu peut être et devenir tout ce que tu veux.

 Je suis très attachée à cette ville, et qu’importe l’endroit où je me trouve que ce soit pour des vacances où bien pour mon travail, il arrive toujours un moment où Paris me manque. J’adore traîner dans les cafés pour écrire et regarder les gens.

En quittant mon sud natale, je me suis offerte la possibilité de ne pas m’enfermer. Quand j’étais petite j’avais une lampe en forme de globe qui tourne sur mon bureau. Je me souviens qu’avant d’aller dormir je me disais  » Il faudra aller voir ailleurs ce qui se passe, tu ne peux pas rester ici et mourir ici. J’avais déjà envie de partir très jeune. J’aime la sensation que me procure la nouveauté, la découverte d’un nouvel endroit, d’un nouveau pays, d’ une nouvelle ville, de nouveaux visages.

Tout comme le déménagement je crois que dans ma famille on peux se sentir partout chez nous c’est une force et en même temps j’ai aussi le sentiment de n’être vraiment jamais chez moi nul part. C’est une dualité qui parfois me fait souffrir quand je m’égare et que je me dis  » Pour être bien avec toi il faut que tu t’ancres ». Ça ne marche pas avec moi, j’ai besoin de bouger, de voir des choses différentes souvent, j’apprends à vivre comme ça et à l’accepter.

Je n’aime pas les conventions, même le mot convention je ne l’aime pas. Ce n’est pas un joli mot.

Le théâtre a t-il toujours fait parti de ta vie? comment y-es-tu parvenue? 

D’une certaine manière, j’ai toujours été dans ce grand théâtre qu’est la vie.

Je n’ai jamais rêvé d’être comédienne en étant enfant. Je jouais beaucoup à me filmer avec une caméra que mon père avait gagné à Carrefour. Avec ma sœur et mes copines j’imaginais des scénarios, on jouait à faire des fausses publicités, mais je voyais pas ça comme un métier. J’imaginais être maîtresse d’école ou encore archéologue parce que j’adorais être dans la forêt à fouiller la terre. Depuis toute petite j’ai besoin qu’on me regarde. J’ai besoin d’attention. J’ai longtemps eu besoin du regard des autres sur moi. Petite je me cassais souvent la figure afin d’attirer l’attention. Aujourd’hui j’ai appris à flirter avec la solitude. J’aime les moments en face à face avec moi même. Le regard de l’autre ne m’est plus indispensable à tout prix.

Un jour en rentrant du travail ( le bar à thé) il y avait un copain de mon copain à la maison. J’ai demandé à ce garçon qui était chez moi «  Steeve tu fais quoi dans la vie? » il m’a répondu «  Je suis Clown à l’hôpital pour faire rire les enfants malade et je me forme au Cours Florent pour ça »

Quelques jours plus tard j’ai quitté le bar à thé ( le signe que j’attendais) . J’ai alors intégré un stage d’accès au Cours Florent et puis c’est comme ça que l’aventure de la scène à démarrée.

Quel est la formation que tu recommanderai ?

La vie.

Ce qui m’a aidé dans mon parcours véritablement ce sont les rencontres. Je n’ai pas peur de demander de l’aide. Pour l’enseignement de théâtre j’ai intégré les Cours Florent. Ce fut un vrai passage pour moi. Parce qu’avant cela je n’ai pas écouté beaucoup d’histoires si ce n’est les miennes. Quand j’ai découvert la littérature ma vie à changé. J’ai découvert les mots, le jeu, l’esprit d’équipe. J’ai découvert une multitude de possibilité me concernant et surtout des réponses aux questions que je me posais. C’est à partir de ce moment là que je me suis dis  » Mais je suis un caméléon, je peux être qui je veux « .

Quand j’ai découvert la littérature ma deuxième vie à commencé

À L’école on m’a gommé mon accent du sud. À l’époque je l’ai mal pris. Aujourd’hui avec le recul, je vois le choses différemment. Parce que en vrai même si tu gommes un accent, tu ne le perd pas. Par contre moi en travaillant sur les mots, j’ai découvert une richesse de langage qui n’a pas de prix. À l ‘époque je n’avais pas beaucoup de vocabulaire. Mes phrases étaient ponctuées de gros mots. J’ai appris à me servir des mots comme une arme en société. Vraiment ça à changé ma vie. Je suis très reconnaissante envers les livres.Il y a beaucoup de personnes qui m’ont tendus la main sur mon parcours

Il faut se former c’est comme tout, si tu travailles pas, si tu te formes pas tu t’appauvris. Tu n’es pas obligé de faire une école mais faire des stages, des rencontres, jouer c’est important.Des professeurs comme Jean Pierre Garnier, Stéphanie Bataille, Félicien Juttner, Francois Orsoni m’ont beaucoup appris. 

Pour la caméra j’ai jamais fais de formation c’est sur le terrain que j’ai appris. Luana Rochessani que j’ai rencontré dans le sud de la France m’a fait jouer dans plusieurs de ses courts métrages. Cette femme est devenue une amie par la suite.

Luana m’a fait confiance. Le premier rôle que j’ai obtenu en passant un casting pour elle je m’en souviens comme-ci c’était hier. J’étais dans le sud, c’était l’été et je m’ennuyais. Je voulais jouer. Je voulais apprendre un scénario et aller à la plage ne m’intéressais pas . Je voulais faire du cinéma. J’ai donc tapé  » casting en cours  » sur internet et j’ai vu cet annonce pour le film  » La mer est ma mère ». J’ai appelé, on m’a donné rendez-vous quelques jours plus tard. J’étais hyper excitée quand à l’idée de rencontrer cette réalisatrice. Le seul hic c’est que j’avais pas de moyen de locomotion pour me rendre sur le lieu du rendez- vous. J’ai donc décidé comme à mon habitude, de faire avec les moyens du bord. J’ai trouvé un vélo crevé chez moi et je suis montée dessus. J’ai fais tout le trajet comme ça en plein cagnard. Je suis arrivée au rendez-vous en transe, toute suante. Je me suis posée aucune question, il fallait que j’obtienne le rôle. Quelques années plus tard, Luana m’a confié  » Quand nous t’avons vu arriver, nous n’imaginions pas le rôle comme ça, mais nous savions que c’était toi qu’on allait choisir. Par la suite Luana et moi on a lié une amitié très forte qui m’a permise au fur et à mesure de sortir le meilleur de moi même, de pas avoir peur d’oser et de flirter avec le ridicule.

La mer est ma mère de Luana Rocchesani.

Quel autre pays fait parti de ton histoire ?

Le Népal. J’ai eu la chance de faire partie d’un projet de publicité pour Axa qui à été tourné au Népal et à Bangkok où je jouais le rôle de Lisa, une jeune femme qui fait partie d’une ONG et qui est victime des tremblements de terre. Cette histoire retrace la catastrophe naturelle qui a éclatée en 2015 au Népal. C’était très fort pour moi, tout d’abord parce que le tournage avait lieu au cœur de l’endroit où ça à éclaté, et puis parce que Luana l’ amie réalisatrice dont je vous parle, à perdue sa meilleure amie dans cette catastrophe naturelle. Le tournage fut vraiment intense. J’ai eu des journées de travail très chargées. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. J’étais considérée pour mon travail et en plus je prenais beaucoup de plaisir. C’était merveilleux. Je n’oublierais jamais cette opportunité que m’a offert Avery Douglas, grâce au casting de Charlotte Martin. Je n’étais même pas au courant que ce casting se déroulait, encore un joli signe de la vie. C’est Thomas Jean’dheure, avec qui j’avais tourné dans le film  » La mer est ma mère » qui m’a tagué dans un poste et quelques jours plus tard je partais à l’autre bout du monde. Thanks Thomas.

Je repense souvent à ses enfants, a ses gens que j’ai rencontré là-bas. C’est un tournage qui m’a vraiment marqué. Depuis je suis très liée à l’histoire du Népal et particulièrement aux enfants dans cette catastrophe. Depuis quelques années, je m’intéresse au bouddhisme, je pratique des prières et je tends à me rapprocher le plus possible de l’enseignement. J’ai découvert un lieu vraiment merveilleux où je peux pratiquer et recevoir des enseignements au cœur de Paris « L ‘espace bouddhiste tibétain ». Il y a une femme là bas que j’apprécie particulièrement, elle s’appelle Sylvie. Elle est très engagée pour aider les autres. Elle m’inspire beaucoup. Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir me rendre utile et récolter des fonds pour aider les enfants du Népal, mais je sens qu’il y a quelque chose qui est entrain de ce dessiner pour que je puisse faire ce que je veux. Il y a une association qui s’appelle Tibet Save and Care, dont le but est de récolter des fonds pour pouvoir aider à l’enseignement des enfants là-bas. Je souhaite vraiment pouvoir trouver des partenariats, des fonds et je sais que la vie va m’aider pour ça.

https://www.tibetsaveandcare.org/
Pour aider les enfants du Népal

Préfères-tu la scène à l’écran ? 

J’adore être sur une scène de théâtre. Un plateau c’est chargé d’une multitude d’histoire. Tu sais qu’il y a des gens qui ont crée, rêvé, raconté des histoires avant toi. Un théâtre c’est rempli de fantômes, il y a quelque chose de mystique qui me fait vibrer.

À l’écran je rêve d’incarner le rôle d’une boxeuse qui se sert de son corps comme arme dans la vie. Je pratique la boxe thaïlandaise ce sport fait partie de mon histoire et j’aimerais pouvoir me servir de mon parcours pour montrer comment tu peux t’émanciper grâce au sport et à l’aiguisement de ton corps. L’écran permet de toucher une multitude de personne c’est pour cela que j’aimerai en faire un film où jouer dans une histoire qui traite de cela. J’adore les histoires qui parlent des gens du voyage. Les films de Tony Gatlif, d’Emir Kusturica, de Win Wenders. Ces réalisateurs sont vraiment des références pour moi. Ce sont des hommes qui m’inspirent beaucoup.

Tu fais des courts métrages, de la publicité, des voix off, du théâtre, comment arrives tu à gérer ton quotidien ?

De base je ne suis pas une personne organisé. Mais alors pas du tout. Je perds tout, je note rien. J’ai toujours cru que ma tête pouvait tout retenir. C’était faux!

Nombreuses sont les fois où je me suis retrouvée à dire  » Elle avait dit quoi déjà ». Mon ex compagnon m’a beaucoup aidé pour ça. J’ai appris qu’être un minimum organisé ça pouvait m’être utile. Pour la première fois de ma vie en 30 ans, je note, je trie mes papiers, j’enregistre les numéros quand on m’appelle, ça me facilite la vie énormément et je prends même du plaisir à dire «  Attends je regarde dans mon agenda ».

Quelle est ta routine bien-être ? 

Je fais beaucoup de sport. Je pratique la boxe thaïlandaise depuis quelques années à la Team Alamos. Mon entraineur je lui doit beaucoup.Il s’appel Rodriguo Alamos. Mon corps fait partie de mes outils de travail c’est pour ça que j’en prends soin. Je ne mange plus de viande depuis 3 ans et presque plus de protéines animales. J’ai un dégout quand je pense aux animaux que j’ai mangé. Je n’avais pas conscience avant que je mangeais un être vivant. Je ne m’étais jamais posée en me disant  » Attends est- ce que c’est vraiment toi de manger ce steak Julie ?  »

Mes amies et ma famille font partie intégrante de mon bien-être, sans eux je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. Mon équilibre je le trouve dans les personnes qui m’entoure. Pour me sentir bien je médite beaucoup. J’aime prier aussi ça me fait du bien d’imaginer qu’en priant je puisse aider les personnes qui souffrent et protéger celles que j’aime. Alors tous les soirs, appart quand je tombe de fatigue je fais mes prières. J’écoute de la musique en écrivant. J’aime prendre du temps pour ne rien faire, mais vraiment ne rien faire. C’est à dire que je m’assois et je fais rien pour recharger mes batteries. Je mange des fruits tous les matins ça me donne le sourire.

Depuis peu de temps j’apprends à m’occuper de ma peau. J’ai un ami qui est hyper calé en matière de beauté. Il m’a conseillé de vaporiser un hydrolat à la rose tous les matins sur mon visage. Ensuite j’applique une crème de jour à la rose. Une fois par semaine je me fais un masque à l’argile rose, que je vaporise de temps en temps avec l’hydrolat pour pas qu’il ne sèche trop vite. J’aime bien gommer tout mon corps avec du sucre et du miel, je me fais un gommage maison. Je lave mon corps avec un savon d’Alep et parfois j’utilise un gant de crin pour enlever les peaux mortes. Aussi j’aime mettre de la fleur d’oranger sur mon oreiller pour m’endormir, parce que avec la boxe parfois je galère à trouver le sommeil puisque les entrainements finissent parfois tard.

Superheco

Tu es plutôt pilates ou Yoga ? 

Ni l’un ni l’autre.

J’ai découvert le yoga en profondeur grâce aux amazones Parisiennes. Ça m’a permis de mieux respirer et de trouver de la souplesse dans mon corps, c’était vraiment très agréable. Cependant je ne pratique pas de mon plein grés.

Crédit : Alienor Gaspari

Nous avons eu le bonheur de t’avoir rencontrer lors d’une de nos retraites, est ce un point fort de ton chemin de vie ? 

On s’est rencontré à Ibiza il y à un peu plus de deux ans dans le cadre d’une retraite spirituelle. Je rentrais tout juste du Népal. J’avais du mal à trouver des repères, j’étais comme dans une bulle. C’était comme-ci je flottais au dessus du sol. Je me souviens que j’étais perturbée par cette sensation. Elle ne me dérangeais pas mais comme je ne l’a comprenais pas, je commençais à me renfermer sur moi-même. Ces moments passés avec vous à Ibiza m’ont beaucoup aidé. Partager, dialoguer, discuter c’était beau.Si je devais mettre un mot sur cette retraite ce serait RECONNEXION .

Quel moment t’a le plus marqué lors de la retraite ?

Il y en a deux moments.

Premièrement la cérémonie Cacao. Je savais pas du tout à quoi m’attendre. J’étais hyper excitée à l’idée de découvrir quelque chose de nouveau. Je suis arrivée dans une maison en haut d’une montagne et tous ensemble nous avons attendu que le soleil se couche en pratiquant avec Ola une séance de yoga.

Quand le soleil est tombait il y a une femme, une chamane qui nous a raconté l’histoire d’Ibiza, c’était envoûtant. On formait un cercle tous ensemble et puis on a bu du cacao pure, en offrant des prières au ciel. Il y avait le tonnerre qui grondait au loin c’était magique ce moment. Après on a tous dansait et j’ai vraiment sentie beaucoup d’amour autour de moi.

Le deuxième souvenir peux être le plus fort c’était en haut d’une montagne. Il y avait de la roche rouge tout autour de nous. Là-haut on s’est amusées avec notre féminité. Il y avait des robes, des jupes, des foulards, des paillettes, du maquillage.On a fait une séance de Yoga dans ce cadre à couper le souffle. Il y avait cette espace incroyable de vie pour déambuler et danser.

Je me souviens que j’avais un tutu de danseuse rose et un haut en soie vert. Ça faisait longtemps que j’avais pas été en contact direct avec ma féminité. Je me suis sentie belle et puissante en même temps en haut de cette montagne.

Tu parles souvent des femmes dans tes travaux, as-tu un message spécifique à faire passer ?

Je m’intéresse beaucoup aux femmes et à leurs histoires, ainsi qu’à leurs combats. Dans chaque femmes il y a une part de masculin qui à été occultée et cette part m’intéresse beaucoup.

À mes côtes il y à toute une bande de femmes, je les perçois comme des panthères. Elles sont douces, sensuelles et en même temps elles émanent une puissance, une force parfois presque féroce.. J’aime savoir qu’en cas de combat une femme à les armes pour pouvoir se battre. C’est pour cela que je fais découvrir la pratique du Muay thaï à mon entourage par diverses moyens.

Quel est ta pièce préféré ? 

Je n’ai pas de pièce préféré.

Il y a cependant une pièce qui m’a marqué. Un soir, au théâtre du rond point sur les Champs Elysées, avec ma soeur nous sommes allées voir Sainte dans l’incendie mise en scène par Laurent Fréchuret avec la merveilleuse et talentueuse Laurence Vieille.

Je suis ressortie bouleversée, j’ai pleuré 20 minutes en mangeant un oeuf sur le plat face à ma soeur.Ce jour là un amour pour cette femme, cette comédienne est née en moi. Je l’ai revue plusieurs fois par la suite. Ce soir-là j’ai compris qu’on pouvait faire du théâtre avec un plateau vide, sans artifice et qu’une multitude d’émotions pouvaient parvenir au coeur du spectateur seulement par la présence.

  Quel est ton sport préféré et pourquoi ?

En général j’aime le sport. Je pratique différents sports depuis toute petite. J’ai aujourd’hui une relation d’amour avec le Muay thaï. C’est le sport de combat qui m’a permis de comprendre que mon corps est une arme et que grâce à lui je suis puissante. Je pratique ce sport à la Team Alamos avec Rodriguo Alamos au club Dausmenil dans le 12 ème arrondissement de Paris. La boxe à changé beaucoup de choses en moi. Tout d’abord mon mental c’est endurcit. Ensuite mon corps s’est musclé. C’est beaucoup de sueur. C’est pas facile mais personne n’a jamais dit que la boxe était facile.

Ton pire ennemi dans la vie c’est pas les autres c’est toi. tu ne peux devenir la meilleure version de toi qu’avec du travail.

 Tu joues de l’harmonica, où pouvons-nous t’écouter en jouer ?

À une époque je jouais beaucoup sur les quais avec une amie à moi qui s’appelle Adélaide. Aujourd’hui je ne joue plus tellement mais si tu m’appelles je peux te jouer un morceau au téléphone.

Tu nous parlé de main tendue dans ton parcours laquelle est-elle ?

Il y en à eu plusieurs mais la première qui me vient en tête c’est celle de Christophe Mory. J’ai toujours une lettre de lui dans mon portefeuille pliée en 4. Un jour je lui ai dit «  Mais Christophe je ne vais pas bien parce que j’ai l’impression de ne rien savoir » et il m’a répondu «  Tu as toute la vie, il y a tant à apprendre, va-y doucement » Ça m’a aidé dans mon rapport au temps.

Le grand public ta découvert lors de tes chroniques sur Canal +, quel souvenir marquant pourrais-tu partager ? 

Lors de ma première émission on m’avait dit «  surtout n’apprends pas ton texte par coeur il faut absolument que ça fasse naturelle, tu auras un prompteur » Comme je n’écoutes pas tellement ce qu’on me dit et surtout parce que j’étais terrifiée par l’exercice, j’avais tout appris par coeur. Quand l’émission à commençais je me souviens très bien j’étais assise à coté de Michel blanc, j’avais le coeur qui battait vite et au moment où mon prompteur aurait du démarrer ça n’ai jamais arrivé. Vous voyez l’image d’une barque qui essaye de remonter la rive à contre courant? Ce jour là, j’étais cette barque.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? 

La vie toute entière m’inspire. Le moche comme le beau.

Les femmes du sud active ma créativité lorsque je suis à leurs cotés. Vous savez ces femmes qu’on appellent «  Les cagoles ». Ce sont des femmes fortes et puissantes qui m’ont beaucoup inspiré dans mes personnages sur scène. Ces femmes qui ont un caractères bien trempé et qui n’ont pas leurs langues dans la poche. Elles sont vêtues de strass et de paillette. J’aime tout simplement les regarder entrain de fumer, de se maquiller, de boire un verre, de râler. C’est merveilleux.

Quel rôle vas-tu jouer à la tempête?  

Je vais jouer le rôle de Marjolaine dans la pièce Aux Poings que nous avons créée collectivement avec Alix Andréani et Bruno Blairet. Marjolaine c’est une jeune fille qui n’a pas les armes pour pouvoir se défendre en société. Elle manque de vocabulaire pour pouvoir s’exprimer et cela engendre beaucoup de colère en elle et envers les autres. Elle se sent enfermée dans son propre corps. Elle va faire la rencontre d’une multitude de femmes sur son parcours qui vont l’aider à transformer sa violence. Nous nous servons du plateau comme d’un ring de boxe. Cette pièce c’est avant tout une performance parce que parler sur un plateau de théâtre c’est une chose, mais parler et boxer en même temps s’en est une autre.

Du 2 au 20 juin 2021 nous serons au théâtre de la tempête. Il va y avoir du sport.

Le synopsis de la pièce
  • Apprendre à se battre.
  • Jouer des coudes et surtout des poings.
  • Tomber. Songer à ne plus bouger. Se relever.
  • Alix et Julie, les poétesses du kick s’emparent d’un plateau de théâtre et le transforment en ring de boxe.
  • Elles s’accompagnent de la parole et du combat d’autres femmes.
  • Pour rééquilibrer féminin et masculin, les deux actrices peuvent aller jusqu’au K.O. Le spectateur assiste à un véritable combat dont le but n’est pas une simple victoire. La désoccultation du féminin commence à opérer…
Crédit: Olivier Sagot

Quel rôle rêverai-tu de jouer au théâtre?

Celui que je suis entrain de m’écrire.

J’ai répondu à un appel à projet dans le cadre du concours des fléchettes au théâtre de la Flèche. J’ai passé les étapes et je suis donc programmée à partir de Janvier prochain dans ce lieu que j’affectionne particulièrement. Flavie Fontaine qui dirige ce théâtre est une femme pleine de talents, elle sait transmettre et surtout elle est une femme sensible et à l’écoute des artistes.

Pourquoi cette nécessité de jouer différent rôle ? d’incarner différent personnage ? de faire ce métier ?

Jaime être regardé et partager des histoires.

Quand je vais au théâtre il m’arrive de voir des choses qui m’embarque.. À ce moment là une palette d’émotions me transporte et le soir quand je rentre chez moi je suis reconnaissante envers les gens qui m’ont raconté une histoire.

C’est cela que je souhaite transmettre aux gens par le biais de mon corps et de mon coeur. Dire des mots qui résonneront peut-être dans la tête d’une personne c’est fort. J’aime me fondre dans un personnage même si cela me demande beaucoup de travail, cette sensation qu’il n’ y a plus de limite dans le corps, dans la matière. Nous sommes une multitude de vie antérieur alors nous sommes tous les mêmes à un endroit.

Le plus beau rôle du cinéma pour toi ?

Dernièrement l’atrice Zhao Tao m’a bouleversé je l’ai vu dans un film de Jia Zhangke qui s’appelle «  Les éternel » Sa puissance, sa détermination, sa force, sa douceur, une femme qui mène un combat ça me bouleverse. Une femme qui n’a pas peur de prendre les armes, ça me fait vibrer.

L’atrice Goldshifteh Farahani est une source d’inspiration pour moi. J’aime tout ce qu’elle est donc tout ses rôles sont beaux.

Merci Julie pour ce magnifique partage, nous sommes ravies de cheminer à tes côtés, tu es une femme sincère et remplis de magie, merci de t’être ouverte à nos lecteurs et amies qui liront ces mots.

Vous retrouverez les Portraits de femmes inspirantes de Julie tous les mois sur ce média !