Comment le prévenir & éviter qu’il ne persiste ?

Bienvenue dans mon premier article pour les Amazones Parisiennes. Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet un peu particulier. La périnatalité étant tout aussi passionnante que vaste, nous avons décidé de commencer par un mal qui touche de plus en plus d’enfants : le torticolis du nourrisson.

Nous allons traiter de ses causes, ses conséquences mais surtout qu’est ce que vous en tant que parents vous allez pouvoir mettre en œuvre pour éviter qu’il ne s’installe ou qu’il persiste. Le torticolis du nourrisson est lié à une importante tension d’un muscle du cou de votre enfant, appelé sterno-cleido-mastoidien (il fait le lien entre la tête, la clavicule et le sternum), de manière plus importante d’un côté que de l’autre.

C’est une grosse contracture musculaire, mais qui a des difficultés à passer car votre enfant ne peut s’exprimer clairement à se sujet ni s’étirer tout seul.

Cette contraction va emmener la tête de votre enfant en inclinaison et en rotation d’un côté mais surtout l’empêcher de tourner la tête correctement de l’autre côté. Cette tension musculaire peut avoir plusieurs origines que l’on peut partager dans deux groupes : les torticolis dit congénitaux (qui se sont installés dans les derniers temps de la grossesse ou durant l’accouchement) et les torticolis positionnels (qui s’installent dans les premières semaines de vie du bébé).


Le torticolis congénital va apparaître chez des bébés qui étaient déjà bien bas dans le ventre de la maman prêts à s’engager dans le bassin et qui ont manqué de place les derniers temps, ou alors ils surviennent durant l’accouchement, celui-ci étant un réel parcours pour un bébé il se peut qu’à un moment donné la pression ait été trop forte sur sa tête, ou bien si il y a eu besoin d’une aide instrumentale (forceps, ventouse,…) cela va venir augmenter le risque.


Le torticolis positionnel quant à lui, va venir s’installer progressivement en post-partum, durant les premières semaines de vie du bébé. Il est souvent retrouvé chez des bébés immobilisés dans des couffins, coccoonababy, transat, cosy, poussette et peu stimulés lors de leurs moments d’éveils. Le fait que les parents portent bébé toujours du même côté et lui donnent le biberon également avec le même bras augmente le risque (contrairement à l’allaitement qui oblige à alterner les bras).

Afin de prévenir l’installation de ce fameux torticolis plusieurs choses simples sont possibles à mettre en place à la maison :


Temps d’éveils interactifs : Si bébé est de nouveau attaché à son réveil dans un matériel de puériculture, il ne va pas pouvoir bouger, explorer son corps et ses sensations. Proposez lui alors plutôt des moments d’interaction sur un tapis d’éveil, des stimulations auditives par des hochets au bruit doux ou bien des chants, des stimulations tactiles sur son corps (et d’autant plus sur le côté qu’il ne regarde pas si le torticolis est déjà installé) par du massage et des stimulations buccales, du main-bouche, mais aussi des petits étirements et mouvements, des stimulation visuelles (sachant que les nourrissons seront plus attirés par des images contrastées par exemple).

Mais aussi des alternatives au plat dos : placez le sur le ventre quelques minutes, lorsqu’il fatigue, vacille de la
tête et exprime une gêne remettez le sur le dos ou sur le côté ! Proposer du plat ventre tous les jours c’est habituer votre enfant à être dans cette position tôt, c’est l’aider à renforcer ses muscles du dos et à tenir sa tête et donc le préparer doucement pour le retournement !


Portage : Essayez également de porter votre enfant lorsque c’est possible au lieu de le mettre dans le cosy et la poussette, en effet le portage stimule tous les sens du bébé mais surtout son oreille interne et permet un temps de décharge pour sa tête. Et si vous donnez le biberon alternez les bras, cela va vous paraître inconfortable au début mais permettra à votre enfant d’être stimuler de manière symétrique.


Couchage : si vous pratiquez le cododo pour les premiers temps, essayez de charger de côté de temps en temps. Votre enfant va tourner sa tête de votre côté, si vous le changez de côté il tournera des deux côtés. Ainsi que dans les lits, évitez d’avoir quelque chose de trop coloré et attractif d’un côté mais pas de l’autre et changer sa place dans la chambre.


Précocité de prise en charge
: si vous voyez que votre enfant présente des difficultés avec un côté, qu’il peut difficilement tourner la tête, que la tétée est difficile sur un sein, surtout la première chose à faire est d’aller consulter un kinésithérapeute spécialisé en rééducation pédiatrique. Plus votre enfant sera pris en soin rapidement, plus vite vous aurez les conseils adaptés à lui et à vous, moins le torticolis aura de temps pour s’installer et moins il aura de conséquences. Nous pourrions penser qu’il ne s’agit « que d’une contracture musculaire », mais la situation est loin d’être anodine chez un nourrisson en plein développement. Cela peut avoir d’importantes conséquences et un suivi global et adapté sera la meilleure réponse à donner pour les éviter.


Venons-en aux risques pour votre nourrisson


Les bébés tête plate ou Plagiocéphalie : c’est la grosse hantise des parents, que le bébé est la tête plate, celle si apparaît lorsqu’une contrainte est répétée et trop importante sur la tête du bébé, ici le côté du torticolis (donc le côté où il regarde tout le temps). Cette déformation n’est donc pas seulement esthétique, elle est la conséquence d’un torticolis non traité précocement et d’une surcharge d’appui sur un seul côté du crâne. L’immobilité de l’enfant et l’hypotonus musculaire par manque de stimulation sont de gros facteurs de risque.


Défaut d’intégration motrice du côté non regardé
: un bébé ne naît pas avec un schéma moteur instinctif, il le développe, il intègre chaque partie de son corps petit à petit au cours des acquisitions motrices. Il voit ses mains, les met à la bouche, les joints l’une avec l’autre, puis attrape un objet, le passe à l’autre main etc, Ensuite il découvrira ses pieds, les attrapera, les mettra à la bouche etc. Or si l’enfant n’a pas de contact visuel avec une des mains il ne la mettra pas à la bouche et ne l’intègrera pas dans son schéma corporel, donc il y aura une asymétrie motrice.


Ce qui pourra entraîner un retard d’acquisition motrice : si le bébé persiste dans sa non intégration d’un hémicorps, il va alors se retourner d’un seul coté ou avec beaucoup de difficulté de l’autre, moins bien tenir sa tête sur le ventre et avoir des troubles de la coordination qui persisteront sur du long terme.


Pour finir …


Je dirais que le couchage sur le dos la nuit reste la recommandation la plus fiable en pédiatrie, elle a fait baisser le nombre de morts subites du nourrisson d’une manière très importante et ce n’est donc pas un facteur à négliger. Les temps d’éveils et de journée sont les plus importants pour proposer du plat ventre, des moments sur le côté, et des stimulations sensorielles et motrices. C’est aussi en journée que vous pourrez décharger la tête de votre enfant par le portage. Les torticolis et les plagiocéphalies ont vu leur nombre augmenter avec l’apparition de plus en plus de matériel de puériculture sophistiqués, chers et où l’enfant demeure au final immobile, tenu assis avant l’heure et lui laissant peu d’espace de mouvement et de découverte de son corps. Revenez aux bases, laissez votre enfant découvrir son corps, et surtout si vous voyez que quelque chose cloche consultez un spécialiste !


En attendant je vous souhaite un bon post-partum, une bonne grossesse et des moments d’échanges doux et merveilleux avec votre petit être.