Bonjour, je suis Héloïse, la créatrice des Ballades Poétiques !

Lors de ma rencontre avec Caroline, fondatrice des Amazones Parisiennes (et ces deux petites fées, Athéna et Aum), je lui ai parlé des petits coins de nature et de culture à Paris où j’aime me balader afin de me ressourcer, de m’émerveiller et alors éveiller ma poésie intérieure, mon intention avec @lesballadespoetiques. Elle m’a alors exprimé le souhait de les découvrir et que ces balades puissent être accessibles aux parisiennes-amazones.

Voici donc le second article d’une série intitulée les « Ballades Poétiques Parisiennes »i. Je vous proposer d’éveiller votre poésie en arpentant un lieu à forte valeur symbolique pour Les Ballades Poétiques : le Jardin des Plantes, dans le 5ème arrondissement de Paris. Cet article continue le précédent en dévoilant les étapes 3, 4 et 5 de cette Ballade Poétique que je vous propose.

Si vous découvrez cet article sans avoir lu le précédent (les étapes 1 et 2), je vous invite à le lire ici.

En quelques phrases :

 • L’itinéraire que je vous propose est celui du moment (mars 2021). Si vous y venez à un autre moment, vous découvrirez d’autres beautés et d’autres surprises.

 • L’intention des Ballades Poétiques :
accueillir ce qui est et ce qui vient à nous, afin d’écouter, de s’écouter et d’éveiller alors sa poésie intérieure.

 • Cet article-itinéraires vous propose de vivre, seul.e ou entre ami.e.s, 5 étapes sensorielles et symboliques, avec des lectures poétiques, des dialogues interculturels et des temps d’écritures intuitives.

 • Vous pouvez alors prendre avec vous un carnet et un stylo afin d’accueillir vos mots et de conserver une trace des cadeaux reçus sur le chemin.


Étape 3 : JARDIN DES PLANTES CÔTÉ MÉNAGERIE – rencontre avec les wallaby

Au pied du Cèdre du Liban pluri-centenaire (2 sur le plan), vous pouvez descendre le chemin en tournant vers la gauche et vous diriger vers l’enclos des « wallaby de Bennett » (3 sur le plan). Tournez autour de cet éclos afin de découvrir les interstices qui vous permettront de vous rapprocher d’eux (voire de passer une tête par dessus la clôture!).

Qui sont ces marsupiaux que l’on pense volontiers être des kangourous ? Pour les distinguer, c’est simple : les wallaby sont beaucoup plus petits que les kangourous. Pour celles et ceux qui comme moi n’ont jamais vu un kangourou, celui-ci mesure entre 1,5m et 1,8m (soit presque une taille « adulte » pour nous) tandis que les wallaby mesurent moins d’un mètre : la différence est similaire entre les chevaux et les poneys. Comme lui, le « wallaby de Bennett » appartient à la famille des « macropodidés » dont le nom signifie « grand pied » en grec et tout deux possèdent cette fameuse « poche de gestation » si singulière : « Après une courte gestation, le fœtus, sans poil, pas plus gros qu’une fève, sort de l’utérus puis rampe sur la fourrure de sa mère jusqu’à la poche marsupiale dans laquelle il s’accroche à la tétine. Il y reste plusieurs mois pour achever son développement. » nous précise le site de la Ménagerie du Museum National d’Histoire Naturelle.

Cette poche est un puissant réservoir pour mon imagination : c’est peut-être pour cela que j’aime tant les marsupiaux. Aussi, ils sont pour moi un mélange chimérique entre lapin, rat, chat, écureuil et biche. La rencontre entre animaux familiers et lointains, entre « domestique » et « sauvage », entre inconnu et connu : ils m’invitent alors à remettre en question mes « catégories » extérieures afin d’être en relation avec les associations d’idées intérieures qu’ils m’évoquent.

Proposition d’écriture intuitive : alors si vous aussi le wallaby de Bennett a cette force d’évocation, qui pousse la porte de notre imaginaire, de notre enfance, de nos exotismes, de nos préjugés et alors de notre émerveillement et de notre curiosité, vous pouvez écrire toutes ces évocations, les souvenirs, comme les émotions et les images. Vous pouvez aussi ressentir ce que cela vous fait de les voir ainsi dans un enclos ? Écrire tout ce que vous projetez : y voyez-vous une famille? une tribu ? un groupe d’amis ? Si vous étiez un des wallaby de cet enclos, lequel seriez-vous ? Pourquoi celui ci ? Laissez couler votre écriture de manière intuitive afin d’écouter ce que votre inconscient a à vous dire via le wallaby.

Étape 4 : LE JARDIN DES PLANTES CÔTÉ ALLÉES – à la rencontre des plantes et des fleurs

L’allée centrale du Jardin des Plantes est composée de différentes « voies » et « allées » qui ont toutes un nom : à l’intérieur même du Jardin, la nomenclature urbaine est présente pour s’orienter et se repérer. Il y a tant de plantes et de fleurs diverses et variées en ce lieu que je vous laisse être guidé par celles qui vous appellent ce jour.

Par exemple, il y a un an je me suis sentie appelée par le magnifique mimosa situé à l’entrée des Grandes Serres et je suis heureuse de le retrouver à chacune de mes visites, dans toutes ses différences et ses changements selon la saison : il me rappelle que la beauté est toujours présente, que nous soyons en bourgeon, en floraison ou en hibernation.

Autre exemple : en janvier, j’ai rencontré le remarquable Cerisier du Japon (au 4 de ce plan) alors qu’il était encore dans sa phase hivernale : ces premiers bourgeons n’étaient pas encore sortis. Pourtant je sentais son ancrage et sa sève à venir bien présente et ce fut un cadeau de le rencontrer ainsi. Je me suis assise près de lui afin d’accueillir cette étape, présente aussi en moi, en observant le couché du soleil que cet espace-temps précis m’offrait. Je pensais alors au jour où il serait en fleurs, tel que l’a encré (et ancré dans ma mémoire) Édouard Boubat en 1983, photographe chère à mon coeur.
Peut-être qu’un jour, je le verrai ainsi ?

Proposition sensorielle et symbolique : guidé par votre intuition, rencontrez la plante ou la fleur qui vous interpèle, et ce quelque soit les raisons, puis allez voir sa symbolique afin d’entendre le message que cette plante ou cette fleur vous propose, en ce lieu et à ce moment de votre vie.

Pour cela, vous pouvez utiliser une application de reconnaissance des feuilles et des fleurs (j’utilise Seek de iNaturalist qui fonctionne globalement. Il existe aussi PlantNet, téléchargé récemment que je n’ai pas encore essayé) ou regarder si un petit panneau précise son nom : c’est bien l’avantage d’être au Jardin des Plantes !

Pour connaître sa signification, laissez-vous aussi guider par votre intuition afin de trouver la « source » qui est juste pour vous. Un ouvrage de référence est le Dictionnaire des Symboles d’Alain Gheerbrant et Jean Chevalier. Dans la perspective de faire dialoguer plusieurs ouvrages (et ainsi de les découvrir), il y a les posts du blog Luminessens, qui propose de nombreux extraits de divers ouvrages. Par exemple, voici un post de ce site sur les symboliques du Mimosa.

Pour m’orienter et discerner dans cette multitude d’informations, voici mes trois clés :
 • la répétition d’un mot (que nous voyons plusieurs fois par exemple) peut être un signe que cette signification a quelque chose à nous dire personnellement et/ou qu’il est bon de l’approfondir
• chaque signification est pour moi une interprétation d’une autre personne ou d’un groupe de personne et cette interprétation m’invite à être elle-même interprétée, au prisme de mon être, de mon vécu et de ma singularité
 • telle l’écriture intuitive, laissons nous la possibilité d’une lecture intuitive, c’est-à-dire une lecture qui commence avec le ressenti et les émotions qu’elle suscite et qui écoute ce qui se passe dans mon corps lorsque je lis ce texte, avant de chercher à (le) comprendre et à analyser. Se laisser « être touché » par le texte avant de chercher à le « saisir ».

À vous d’identifier vos clés personnelles.
Celles-ci sont issues de mon chemin d’apprentissage de la lecture des textes sacrés et de leurs exégèses.

Étape 5 : CAFÉ DE LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS – création finale

Pour terminer cette Ballade Poétique au Jardin des Plantes, je vous propose d’en sortir afin d’entrer en dialogue avec un autre espace fleuri : celui des arabesques du Café de la Grande Mosquée. Pour cela, redirigez-vous vers l’entrée de la Grande Galerie de l’Évolution. Sur la gauche du portail d’entrée, vous découvrirez un poème de Louis Aragon… un peu caché tel un trésor. Ouvrez bien les yeux pour trouver ce « street art » singulier !

Proposition d’écriture intuitive : Une fois « installé » (selon ce qui est possible en ce moment) dans le Café de Grande Mosquée de Paris, vous pouvez alors vous poser et déposer sur votre carnet ce que cette Ballade dans son ensemble vous a offert. Par exemple, relire tout ce que vous avez incarné en écriture intuitive lors des différentes étapes afin de formaliser un texte (que ce soit un poème, un conte, une fable, etc.) ou un dessin qui incarne en une création finale les différents mots entendus et reçus le long du chemin. C’est ce que nous avions fait lors de la première Ballade Poétique collective il y a un an en ce lieu. Certains textes écrits à la fin de cette première Ballade sont disponibles dans son carnet-souvenir et restent accessibles afin que toutes et tous nous nous dé-censurions concernant l’écriture/la création et que nous nous autorisions à incarner notre poésie-flamme intérieure, se l’offrir et ainsi l’offrir aux autres et au monde.

Proposition de lecture poétique : En ce lieu, je vous laisse alors sur un poème, celui d’une voix et de bien des voies, celles des « femmes poètes du monde arabe » issue de l’anthologie de Maram Al-Masri (édition Le Temps des Cerises, 2013)

VIOLETTE ABU JALAD – Liban – « J’avoue que j’ai aimé plus que raison »

J’avoue que j’ai aimé plus que de raison
jusqu’à être possédée par le génie de l’amour
j’ai tout parié sur la ronde du désir qui tourne
autour de ses blessures

J’ai bu l’enchantement de lèvres lointaines
comme si les eaux accessibles ne pouvaient pas désaltérer
comme si seul l’impossible était un vrai texte

J’écrirai sur toi pour que tu deviennes la distance
et je t’écrirai pour que je devienne le temps
Je danserai autour de moi-même

La pluie me surprend
J’enlace dans la glace une tunique qui s’épanouit
sur une neige qui brûle
La chevelure couleur de vin tombe de fatigue

Je danserai autour de moi-même
jusqu’à ce que vienne le temps de ta folie
Je saurai alors que j’ai dansé plus que de raison.

in « Anthologie des femmes poètes du monde arabe », Maram al-Masri, Le Temps des Cerises, 2019
« Street art et Louis Aragon » – photographie personnelle – février 2020

Un grand merci d’avoir lu cet article :
j’espère que cette Ballade Poétique guidée par l’écrit a éveillé votre poésie intérieure.
Vous trouverez d’autres articles-itinéraires pour ce cycle « Ballades Poétiques Parisiennes »
dans d’autres lieux de Paris,
à venir au fil des prochaines semaines sur le blog des Amazones Parisiennes.

Et d’ici là, vous pouvez me témoigner vos ressentis suite à cette lecture
et suivre mes contenus sur @lesballadespoetiques.

Poétique semaine,

Héloïse


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Je les conçois aussi sur-mesure autour d’un thème, d’un lieu
et d’un objectif définis ensemble au préalable,
les anime le jour J, le tout suivi d’un contenu final pour conserver une trace de cette expérience.
Cela grâce à 5 ans d’expérience en tant que consultante branding et innovation sociale,
facilitatrice d’ateliers créatifs et séminaires d’intelligence collective et aujourd’hui porteuse de projets :
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Lumières des Grandes Serres – photographie personnelle – février 2020