Bonjour, je suis Héloïse, la créatrice des Ballades Poétiques !

Lors de ma rencontre avec Caroline, co-fondatrice des Amazones Parisiennes (et ces deux petites fées, Athéna et Aum), je lui ai parlé des petits coins de nature et de culture à Paris où j’aime me balader afin de me ressourcer, de m’émerveiller et alors éveiller ma poésie intérieure, mon intention avec @lesballadespoetiques. Elle m’a alors exprimé le souhait de les découvrir et que ces balades puissent être accessibles aux parisiennes-amazones.

Voici donc le deuxième article de la série « Les Ballades Poétiques Parisiennes » et cette fois, je vous proposer d’éveiller votre poésie en vous baladant dans un lieu que j’aime beaucoup (mon espace de souffle lors du deuxième confinement) : « la Coulée Verte » (aussi appelée parfois « Promenade Plantée ») dans le 12ème arrondissement de Paris.

La Coulée Verte

Sa petite histoire n’est pas des moindres puisqu’elle est située en partie sur un viaduc (le « Viaduc des Arts »), à l’emplacement d’une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait depuis 1859 la place de la Bastille à la Varenne-Saint-Maur ! Elle vit le jour en 1988, ce qui est en fait une pionnière concernant la « revégétalisation » et le « réensauvagement » de Paris. En effet, à cette époque, la biodiversité et les espaces verts n’étaient pas forcément la priorité : il parait qu’elle aurait pu devenir… un parking ! Les voitures ne sont quand même pas loins avec l’avenue Daumesnil qu’elle longe mais le fait d’être à +10 mètres de la route permet de « prendre de la hauteur » concernant ces réalités urbaines 😉

Une Ballade Poétique personnelle à la Coulée Verte

Comme tous les lieux où s’épanouit le vivant dans sa diversité, la Coulée Verte évolue à chaque saison ! C’est en la arpentant que je prends conscience de ce cycle et c’est un endroit magnifique pour apprendre les différentes espèces de plantes et de fleurs, les jardiniers municipaux ayant planté des espèces en grande diversité : c’est (presque) un jardin pédagogique, à l’image des jardins botaniques, que vous avez peut-être découvert lors de la Ballade Poétique parisienne que je vous ai proposée précédemment au Jardin des Plantes.

L’itinéraire que je vous propose est donc celui du moment (avril 2021) et si vous y venez à un autre moment, vous découvrirez d’autres beautés et d’autres surprises. C’est l’intention aussi des Ballades Poétiques : accueillir ce qui est et ce qui vient à nous, afin d’écouter, de s’écouter et d’éveiller sa poésie intérieure.

Prenez alors avec vous votre carnet et un stylo, afin d’accueillir vos mots et de conserver une trace des cadeaux reçus sur le chemin.

Voici l’itinéraire que je vous propose de vivre, seule ou entre amis, toujours en 5 étapes, sensorielles et symboliques, avec des lectures poétiques, des dialogues interculturels et des temps d’écritures intuitives.

Étape 1 : BASTILLE – rencontre avec la librairie

Avant de monter dans la Coulée Verte, je vous propose une étape culturelle afin de commencer à se mettre doucement en condition (surtout si vous venez de sortir du métro de Bastille!) Découvrez une adresse que j’affectionne : la Librairie de la Sirène. La poésie est déjà là : des sirènes automobiles, laissons-nous attirer par les sirènes des contes et des mythes que cette petite librairie contient parmi ces milliers de livres. Telle une caverne, il y a besoin de s’y engouffrer et d’aller plus loin que les livres proposés sur la rue afin de s’immerger dans cet univers… livresque ! Nous dépassons ainsi petit à petit nos préjugés, nos peurs et nos censures : entrer dans une librairie est pour moi un passage, celui du réel vers l’imaginaire, du possible vers le tout possible et de l’espace-temps précis vers des espaces-temps pluriels.

Propositions sensorielles :
– sentez l’odeur de ces vieux livres : quels souvenirs reviennent à votre mémoire ? Quelles émotions ?
– touchez ces papiers issus d’imprimeries à l’ancienne, leur grammage, leur texture : qu’est-ce que la pulpe de vos doigts vous dit ?
– observez les mots des titres et des couvertures qui dansent autour de vous : êtes-vous attirés par un titre en particulier ? Est-ce qu’un mot revient régulièrement à vos pupilles ?

Proposition d’écriture intuitive :
Sur votre carnet, notez toutes les réponses à ces questions en laissant venir tout ce qui vient à votre esprit, sans censure, ni jugement. Cela peut-être des mots seuls, des formes dessinés, comme des phrases : l’important étant que cette écriture soit la trace de ce que vous entendez et vivez à cet endroit, dans cet instant. La poésie intérieure étant pour moi le dialogue entre son intérieur et l’extérieur.

Librairie de la Sirène
53 Rue de Lyon, 75012 Paris
Ouvert du lundi au dimanche, de 10h à 20h (13h-20h le dimanche)

Étape 2 : COULÉE VERTE – rencontre avec les prunus

En ce moment, les prunus (grande famille qui incluent les cerisiers, les pruniers, les abricotiers, les pêchers, les amandiers, etc.) commencent à fleurir et il y a en a plusieurs, de différentes espèces, à découvrir tout au long de cette Coulée Verte. Cela tombe bien, car le prunier est le symbole du printemps, particulièrement dans les cultures d’Extrême Orient. Voir fleurir les pruniers dès février me permet de prendre conscience de l’éclosion du printemps et de me relier à la tradition chinoise où le printemps débute dès février, aux alentours du Nouvelle An chinois. Comme en astrologie, le printemps est finalement le début de l’année dans de nombreuses cultures.

Contempler le prunus en fleurs c’est donc méditer la fin vers le commencement, le renouvellement et la renaissance. En effet, le prunus en fleurissant à la fin de l’hiver semble nous souffler de vivre cette transition, fragile et parfois imperceptible, du changement qui est déjà là : latent et pourtant bien présent. C’est ce qu’exprime le philosophe et sinologue François Jullien dans son ouvrage « Les Transformations Silencieuses », lieu d’un dialogue entre Chine et France, dont je vous propose un extrait :

« Entre le moment où elle n’a pas encore accédé au visible
et celui où elle s’est désormais trop étalée et confondue au sein du visible
pour qu’on l’y discerne encore,
la transformation n’offre qu’un étroit interstice de perceptibilité ;
c’est pourquoi c’est avec tant de vigilance qu’il faut la scruter. »

François Jullien, « Les Transformations Silencieuses », Éditions Grasset, 2009

Le prunier nous appelle à cette interstice entre l’invisible et le visible, telle la finesse de ses pétales qui laissent passer la lumière. Le prunier est alors aussi un le symbole de la pureté, du fait que ses fleurs éclosent sans feuilles et même d’immortalité dans la tradition taoïste. La « permanence de l’impermanence » bouddhiste. Ces fleurs peuvent être pour nous « la fleur du calme intérieur » qui nous guide dans le processus de transformation « de la tension extrême… vers la détente » (selon Mechthild Scheffer, Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l’harmonie psychique, Médicis-Entrelacs, 2001) C’est en tout cas ce que je vous souhaite : de la tension de la ville, découvrir dans vos pas et votre souffle, dans la contemplation et l’écoute, le calme qui est toujours accessible en nous.

Symboliques des fleurs de prunier :
Jeunesse * Pureté * Immortalité

Propositions sensorielles :
À chaque prunus sur votre chemin, offrez-vous le temps de le rencontrer, en l’approchant doucement, en le contemplant avec ses invités (une abeille ? une coccinelle ?), en touchant la délicatesse de ses fleurs et sentant son odeur imperceptible pour nous. Pensez au goût des prune, des cerises, des abricots, que vont devenir ces fines fleurs à 5 pétales. Sentir ces transitions entre l’hiver et le printemps à l’intérieur de soi et s’ouvrir aux prochaines transformations devant nous, du printemps à l’été… de la fleur au fruit!

Proposition d’écriture intuitive :
À nouveau sur votre carnet, notez toutes les réponses à ces questions en laissant venir tout ce qui vient à votre esprit, suite à cette lecture et suite aux propositions sensorielles, sans censure, ni jugement. Peut-être aurez-vous envie de les dessiner, tels les peintres orientaux, avec minimalisme et simplicité ?

Proposition yogi pour Les Amazones Parisiennes :

Voici aussi une méditation issue du yoga kundalini afin d’accueillir et intégrer cette rencontre avec les fleurs de prunus :

Assis.e près des prunus, vous pouvez chanter le mantra « SA TA NA MA », en appuyant votre pouce sur chacun de vos doigts à chaque syllabe chanté (pouce et index : « SA », pouce et majeur, « TA », pouce et annulaire « NA » et pouce et auriculaire « MA »), les mains tournées vers le ciel et posées sur vos genoux. La respiration est longue et profonde. Les yeux sont tournés vers Ājñā(point entre les sourcils). La présence est sur l’alignement de son bassin, de son coeur et de sa tête ainsi qu’entre ses racines terrestres et ses racines célestes, qui grandissent avec notre souffle. La colonne est donc droite, le menton légèrement rentré, en révérence et en humilité devant la beauté de cette nature que nous habitons et qui nous habite.

Le mouvement réalisé avec vos doigts (appelé mudra) forme à chaque syllabe un cercle, telle la rondeur de ces fleurs. En reliant ainsi votre pouce avec vos 4 autres doigts vous activez tout votre corps et plus précisément les 5 éléments qui le constituent… telles les 5 pétales de la fleur de prunus.

En effet, en Ayurvéda, chaque doigt correspond à un chakra (un centre d’énergie dans nos corps) ainsi qu’à un élément :

« Le pouce est relié au Feu et au chakra du plexus solaire.
Le majeur fait écho à l’Espace (Ether) et au chakra de la gorge.
L’index correspond à l’Air et au chakra du cœur.
L’annulaire répond à la Terre et au chakra de la base (au niveau du périnée).
L’auriculaire est lié à l’Eau et au chakra sacré (entre le pubis et le nombril). »

Pour en savoir + :
« La mudra thérapie ou le yoga au bout des doigts », Nadia Hamam, 25/02/2020
présentant l’ouvrage de Juliette Dumas, Mudra, le yoga des doigts (Flammarion).

En chantant « SA TA NA MA », nous chantons le mouvement de la vie,
en sanskrit (स त न म) :

  • Sa – naissance, commencement et totalité du cosmos
  • Ta – existence et créativité manifestées
  • Na – mort au sens de mutation
  • Ma – renaissance, régénération

    Ces syllabes (comme dans toutes les traditions sémitiques) peuvent avoir d’autres significations. Par exemple « Ma » (म) dans la littérature sanskrite dite du « purana » signifie à la fois prospérité, honneur et mère. Vous pouvez donc aussi sentir ce que la vibration de cette syllabe signifie pour vous, intimement. J’ai écris un post à ce propos que vous pouvez retrouver sur @lesballadespoetiques.

Et si vous n’habitez pas à Paris, vous pouvez aussi faire ces trois propositions (sensorielles, d’écriture intuitive et méditative),
auprès d’un prunus ancré dans vos terres ou par visualisation.

Voici pour finir le mantra chanté en version printanière avec entrain par Jiwanpal Kaur dans son album « Eight Chakras »

Et pour préserver votre attention et la lisibilité de cet article et ainsi honorer mon écriture et votre lecture,
je vous propose de découvrir la suite de cette « Ballade Poétique parisienne sur La Coulée Verte »
(les étapes 3, 4 et 5) lors d’un prochain article, publié dans les prochaines semaine.

Et d’ici là, vous pouvez me témoigner vos ressentis à cette lecture
et suivre mes contenus sur @lesballadespoetiques
Mes accompagnements sont sur www.lesballadespoetiques.fr

Douce semaine et à bientôt,

Héloïse

PS : si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez soutenir Les Ballades Poétiques, voici la collecte actuelle :
www.cotizup.com/pourlesballadespoetiques
qui vous permettra de recevoir la première Ballade en ligne sur Les Eaux Fécondes
composée d’audios, de vidéos et d’un carnet de chemin afin de vous guider et que vous puissiez éveiller votre poésie intérieure,
là où vous êtes et à votre rythme.

La Coulée Verte 
Adresse : de la Place de la Bastille au Jardin de Reuilly
– 12e arrondissement –  Paris
Métro : 1 / 5 / 8 –  Bastille / Reuilly Diderot
Horaires : https://www.paris.fr/equipements/coulee-verte-rene-dumont-ex-promenade-plantee-1772