Pour cette rencontre je vous donne rendez-vous avec Sophie Mousel dans un établissement que j’affectionne particulièrement, un endroit où tu peux déguster un gâteau fait maison pendant qu’une personne s’occupe de regonfler gratuitement les pneus de ton vélo. Elle est pas belle la vie! Être à plat ce jour là il en est hors de question, alors je commande un gâteau et j’attends Sophie. Première bouchée le gâteau est délicieux! Je sens qu’elle approche, je le sens réellement.

De la puissance, voilà ce que dégage Sophie ce jour là en passant les portes de la Recyclerie, situé au 83 boulevard Ornano dans le 18 ème arrondissement de Paris. Elle est belle, forte, souriante et déterminée. Elle s’assoit à mes côtés et je sens qu’elle est ravie de m’accorder ce temps. Je la regarde et lui souris.

Elle me semble forte et fragile à la fois, lumineuse et obscure, elle ressemble à la nuit en plein jour. Si je devais choisir un mot pour la décrire ce serait sans hésitation: ÉQUILIBRE. Elle me confiera plus tard que l’équilibre c’est un chemin qu’elle à décidé de prendre en faisant l’expérience de sa vie.


Sophie Mousel dans le clip  » No métal in this battlle » PAPRIKA.

LES BONHEURS DE SOPHIE.

Dans son enfance elle joue au foot, elle fait des cabanes dans la forêt avec son frère et fait des courses de minis voitures. Sophie c’est l’ enfant qui peux te parler de la puissance d’une Lamborghini en s’amusant avec une poupée barbie.

« J’avais un coté masculin, je m’habillais avec les vêtements de mon frère, je me sentais un peu comme un garçon dans un corps de femme. Mais çà veux dire quoi être un garçon pour l’enfant que j’étais? Être fort ? Parce que oui je voulais être forte. » 

Elle me raconte son enfance dans le Luxembourg son pays natal, sa famille, ses rêves, et ses premiers amours. Elle me confie qu’elle se voit musicienne, compositrice de musique de film alors qu’elle n’est encore qu’une enfant .La scène, les applaudissements, le public…. elle s’imagine une vie d’artiste. Ce n’est donc pas un hasard si très jeune elle intègre une école de piano où elle va jouer de ses 6 ans à ses 18 ans après l’école 3 à 4 fois par semaine. De la rigueur voilà ce que Sophie intègre dès son plus jeune âge.

Sophie est talentueuse, c’est une enfant exemplaire. À 10 ans elle donnera son premier concert avec orchestre. À 13 ans on lui offre la possibilité de devenir professionnelle et de partir étudier à Lyon, Sophie refuse. À 18 ans alors qu’elle est remplie de Talent Sophie ressent une pression de plus en plus grande, elle à la sensation de ne plus avoir le choix, que son chemin devient tout tracé et qu’il n’ y a plus l’ombre d’une surprise, tout est trop sérieux, elle en à marre c’est alors qu’elle va prendre une voix différente…. C’est alors qu’elle va quitter le Luxembourg et sa famille.

Vous l’aurez compris Sophie c’est la liberté. Le travail en liberté. La liberté pour travailler. Et je peux vous assurer que son souffle de vie on le ressent en étant à ses côtés. Devenir une image dans un cadre elle ne veux plus. Qui sait elle n’a peux être même jamais voulu .

Sophie arrive en France vers l’âge de 18 ans et intègre la prestigieuse école des Cours Florent pour devenir comédienne et actrice. Je vous l’ai dit depuis petite c’est dans l’art qu’elle veut vivre.En parallèle elle suit des études de lettres modernes. Sophie n’imagine pas sa vie sans notes. Le piano d’un côté, le cinéma et le théâtre de l’autre, et la réunification des deux voilà ce qui lui donne un équilibre. Ces deux univers, où la rigueur et la concentration sont essentielles, rythment ses journées comme un métronome.

Au théâtre elle va pouvoir s’amuser à incarner différents personnages afin de s’éloigner du rôle de la petite fille modèle qui lui va si bien et qu’elle connait par coeur.À l’intérieur de Sophie sa frappe, sa cogne, il y a cette voix qui grandit en elle et qui tente de s’exprimer disant  » Hey oh, nous aussi on est là » car Sophie ce n’est pas juste l’enfant bien sage, qui joue du piano sans fausses notes..

À l’intérieur d’elle il y a une palette d’émotions, une multitude de facettes qui n’ont encore pu voir le jour et qu’elle compte bien faire vivre à travers les rôles qu’elle va incarner avec passion. La passion née d’un besoin vitale. Réveiller la badass, la princesse, la sulfureuse, la douce, la paumée, l’extravertie, la dévergondée, la minutieuse, la prude, la révoltée bien des vies qui sommeillent en elle depuis toujours et qui ne demandent qu’à s’exprimer.

les valeurs de sophie

 » Je suis très fière d’être une femme et j’aime casser les codes. J’ai toujours eu un grand respect pour la femme, pour sa beauté, pour sa complexité, pour sa sensualité, pour sa force, j’aime ce que dégage une femme. Je n’ai jamais trouvé que c’était le sexe le moins fort, j’ai jamais été dans ces clichés! Pour moi une femme elle peux tout « 

Incarner tout, c’est bien ce que lui permet son métier de comédienne et d’actrice. Elle me fait penser à un caméléon dans les différents films où nous pouvons la retrouver à l’écran. Que ce soit dans le correspond de Jimmy Labeeu, dans souvenir aux cotés d’Isabelle Hupert ou encore dans rock’n’roll de Guillaume Canet. En 2019 elle interprète le personnage du lieutenant Hélène Lamberti dans Nicky Larson. C’est cette diversité qui plaît à Sophie et qui lui donne autant de richesse dans la construction de ses personnages.

Je voit la vie comme un combat parce qu’il est difficile de trouver son équilibre avec l’impermanence de la vie, pour être équilibré il faut se battre .

LA LIBERTÉ DE SOPHIE

Sophie se sent libre dans Paris, c’est une ville qu’elle affectionne particulièrement, où elle se sent bien. Elle est libre de faire les rencontres qu’elle veut, libre de faire de la musique, libre de pratiquer un sport et d’essayer de nouvelles choses. Depuis plusieurs années maintenant elle à intégré la boxe à son planning.

La rigueur, la frappe, le geste voilà ce que j’aime dans ce sport. Quand j’ai commençais je me suis dit  » oui c’est çà, oui c’est toi ».

Sophie Mousel dans le film Rock’n’roll de Guillaume Canet.

En tant que comédienne Sophie est libre de voyager lorsqu’elle ne joue pas au théâtre ou qu’elle n’est pas sur un plateau de cinéma. Respirer et tendre vers l’inconnu. Sophie se sent libre parce qu’elle est jeune, parce que ses parents la soutienne, elle se sent libre parce qu’elle est forte, parce qu’elle est stable et parce qu’elle est bien entourée. Le seul endroit où sa liberté n’est pas encore totale, mais elle y travaille, c’est le regard qu’elle porte sur elle qui est parfois un peu trop dur. Tout ce qu’elle entreprend elle le fait avec sérieux parce que pour elle la liberté passe d’abord par là. Apprendre à composer avec les fausses notes qui sonnent différemment, mais qui elles aussi ont le droit d’exister.

J’ai souhaité mettre en lumière le portrait de Sophie Mousel, parce que c’est une femme qui casse les codes, une femme inspirante et inspirée parce qu’elle est cette héroïne du quotidien, comme nos mères, nos soeurs, nos voisines et qu’en plus de cela elle tend à se réinventer chaque jour.

Cet article à été écrit en écoutant une musique de Nina Simone qui s’appelle  » Four Women » absolument magnifique.