En général, lorsqu’on souhaite tomber enceinte, on arrête la pilule ou tout autre contraceptif. Puis, on fait l’amour avec son chéri et on attend que ça vienne. Quelques-unes feront un tour chez leur gynéco, juste histoire d’être rassurée. Mais la plupart d’entre nous attendrons la bonne nouvelle pour consulter son ou sa gynécologue.

Une fois que cette étincelle de vie est présente dans notre corps, on consulte notre médecin. Puis, la médecine prend le relais, on fait des analyses pour vérifier que tout va bien et on nous donne des vitamines et des minéraux pour soutenir notre grossesse et la croissance du bébé.

Voilà, c’était le parcours classique !

J’aimerais simplement vous dire que c’est un peu plus subtil. Je me rends compte en tant que naturopathe à quel point le corps humain est complexe. Et la femme encore plus que l’homme ! Et c’est bien normal, puisque nous avons en nous un mécanisme qui nous permet de créer la vie. C’est magnifique non ?!

Mais je pense que c’est aussi une responsabilité. Sans vouloir nous culpabiliser, nous avons un pouvoir exceptionnelle voire magique ! Mais ce pouvoir à un prix, parce qu’il est important que le corps qui va accueillir ce futur enfant soit en santé pour lui offrir les meilleures conditions pour son développement.

Alors voilà, la question est posée, comment être sûre que tout fonctionne correctement dans notre organisme avant que ce petit être soit présent en nous ? La médecine classique ne réponds pas à cette question. En général, on attend d’avoir du mal à procréer pour se préoccuper de cela. Cependant, la naturopathie peut vous apporter des réponses.

La thyroïde

La grossesse a un effet profond sur le fonctionnement de la thyroïde. A mesure que la grossesse progresse, la demande en hormones thyroïdiennes augmente. Il faut donc vérifier qu’il n’y a pas de carences des cofacteurs nécessaires à la bonne synthèse des hormones thyroïdiennes.

La carence en iode

L’iode est un oligo-élément principalement utilisé par la thyroïde. Aucune femme ne devrait débuter une grossesse avec une carence en iode au raison du risque d’avoir un enfant TDAH (Troubles de Déficit de l’Attention et Hyperactivité) ou ayant des retards mentaux. De plus, la carence en iode augmente le risque de fausse couche indépendamment d’une hypothyroïdie et exacerbe les effets des perturbateurs endocriniens sur la thyroïde. 

La flore intestinale 

Au moment de l’accouchement, la bouche du bébé est en contact avec la flore vaginal de la mère. C’est par ce biais que la flore intestinale du bébé va être colonisée. Ainsi, un déséquilibre  de la flore intestinale de la mère lié à des bactéries et des champignons (comme le candidas albicans) pathogènes entraine un déséquilibre de la flore vaginale.

Et c’est cette flore déséquilibrée qui ira s’implantée dans la flore intestinale du bébé. Il est donc impératif d’avoir une flore intestinale et vaginale de qualité au moment de son accouchement. Le rééquilibrage d’une flore intestinale peut être plus ou moins long, entre 3 et 6 mois et quelque fois plus suivant les cas et doit se faire avant la conception.

Le foie et la détox

Le foie est l’organe majeur qui gère la détoxication dans le corps que ce soit nos toxines sécrétées par notre corps (les « vieilles » hormones par exemple)  mais aussi les toxiques que nous ingérons par la peau, la respiration ou l’alimentation. Si le foie a des difficultés pour détoxiquer, les toxines et toxiques resteront dans l’organisme et au moment de la grossesse, passeront la barrière placentaire.

 De ce fait, si vous fumez ou si vous avez une alimentation industrielle et transformée riche en additifs, en colorants et en conservateurs, vous avez probablement stocké des métaux lourds.  Il faudra donc se détoxifier avant la conception.

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens peuvent créer des dysfonctionnements hormonaux dans notre organisme et ceux de notre descendance par des mécanismes d’épigénétique (la science de l’expression des gènes). La périconception, la grossesse et les deux premières années de vie du bébé sont les périodes les plus à risque.

Les conséquences pour l’enfant sont des troubles de fertilité masculine et féminine, du diabète, de l’obésité et des troubles de neuro-développement. Il est donc important de faire attention aux plastiques réchauffés (bouilloire, film alimentaire, boite alimentaire…), aux pesticides de l’alimentation, aux cosmétiques non bio 3 à 4 mois avant la conception.

Les OMEGA 3 

Le système nerveux et le cerveau du fœtus se développent durant les premiers jours de la grossesse. Pour ce faire, le futur bébé a besoin de DHA qui est un acide gras appartenant à la famille des oméga 3. Il est donc indispensable que la maman se complémente en oméga 3 et en DHA, 3 mois avant la grossesse pour préparer le développement cérébral du fœtus.

Et le Papa  ?

Le Papa doit aussi se préparer. Le renouvellement des spermatozoïdes se fait tous les 72 jours. 70% des processus d’épigénétique s’installent avant la naissance et démarre dès la spermatogenèse. Or l’épigénétique est corrélée à notre alimentation, le stress oxydant, l’exposition aux perturbateurs endocriniens…

Si le papa a une alimentation et une hygiène de vie de qualité 3 mois avant la conception, cela aura un impact capital sur la santé de son enfant.

Conclusion

Il est préférable de préparer sa grossesse 3 à 6 mois voire plus selon les cas. Un bilan de périconception permet de faire un point sur la thyroïde et ses cofacteurs, le niveau de détox du foie, etc. De ce fait, les besoins de l’organisme seront clairement identifiés pour mettre en place un accompagnement individualisé.

L’INFERTILITÉ

Concernant les femmes qui s’impatientent de voir arriver ce précieux cadeau. Le bilan de périconception sera bienvenu aussi pour éliminer les possibles dysfonctionnements qui peuvent engendrer une infertilité. Une hypothyroïdie par exemple, peut créer une irrégularité des cycles, parfois l’arrêt des règles et de l’ovulation.

On observe aussi des cycles hormonaux « déréglés » avec des courbes de températures qui ne montent jamais ou qui redescendent assez vite. Or, on sait que la température corporelle augmente au moment de l’ovulation et en période de post-ovulation. Le Lady-Comp permet de connaitre sa courbe de température. Il sera donc intéressant de l’utiliser afin d’évaluer ces cycles.  D’autre part, certaines plantes comme le Tribulus, l’Alchémille ou la Sauge sclarée aident à réguler les cycles hormonaux.

Il sera intéressant de vérifier la qualité de la glaire cervicale. En effet, si son Ph est trop acide les spermatozoïdes seront détruits avant de féconder l’ovule. Dans ce cas, il faudra travailler sur l’équilibre acido-basique.

De plus, environ 30% des infertilités diagnostiquées seraient dues au déclin des capacités de reproduction de l’homme. La part de la génétique est assez faible. Les causes sont principalement les facteurs environnements comme pollutions, perturbateurs endocriniens, tabac, alcool, malbouffe, surpoids et carences micronutritionnelles.

Pour finir, j’aimerais dire aux mamans qui sont déjà en cours de grossesse ou qui ont eu des enfants, surtout ne culpabilisez pas. En effet, peu de thérapeutes parlent de la préparation à la grossesse avant la conception. Personnellement, c’est lors de mes études de naturopathie que mes professeurs m’ont expliqué l’importance de cette démarche.

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Alors comment auriez-vous pu le savoir ?!

Pour les futures mamans, j’espère que cet article vous donnera matière à réflexion. Et pour les mamans ayant des filles, pensez à bien les éduquer dans ce sens ! Encore une fois, pas de culpabilité mais soyez informées. Mon objectif est de vous responsabiliser et de vous éduquer c’est mon devoir de naturopathe.