J’ai vu le papillon les yeux ouverts
J’ai vu le scarabée les yeux fermés 

J’ai senti le frôlement de ces êtres ailés 
J’ai senti le chuchotement de la terre-mère

Oui, je contemple aussi ces petits êtres,
Ceux là nommés les insectes.

Eux, si souvent mal-aimés, rejetés,
Condamnés par le dédoublement
De leurs pattes qui effrayent 
Et qui parlent à notre inconscient 

Nous grouillons de ces énergies souterraines 
Des poissons dans nos eaux bien profondes 
Aux insectes dans nos cieux terriennes 
Au point de les oublier, refouler leurs ondes

Ils sont beaux et parfois agités 
Ils nous appellent à les nommer
À transformer ces énergies en informations 
À oser dire et ainsi pas à pas devenir son saint Nom

Texte et photos : Héloïse Martin 
Autres poèmes sur @lesballadespoetiques 

Je vous invite à écouter Uma – « I came to love you »
Sa lyre et sa voix me portent en mon coeur depuis le printemps dernier : 
https://soundcloud.com/umahari/i-came-to-love-you

« I came to love you

– deep and true –

to love you, 
is the only thing I came to do

Being still, 
and feel
your invisible presence
your silence

here and now
wild and free
I pray, 
with your Grace, 
I surrender…

May my heart sing your song
May my life be my prayer »

Uma

La poïetique (étude des processus de création et du rapport de l’auteur à l’œuvre) de ce poème :

À l’image des Ballades Poétiques « physiques » dans Paris, je vous propose de vous guider dans les symboliques et les archétypes rencontrés sur le chemin qui m’ont fait éclore ce poème, le tout accompagné de textes poétiques d’auteurs qui me sont précieux.

Avez-vous remarqué ?
Le soleil fait sortir les insectes ailés, portés par les courants lumineux. 
La pluie fait sortir les insectes de leur terrier, appelés par l’humidité enveloppante.
Le soleil et la pluie célestes fécondent la terre, attirent ses êtres de matière. Nous aussi. 

Cette Pleine Lune en Scorpion semble nous inviter à cette plongée, dans nos pulsions, nos profondeurs, nos inconscients… pour les faire remonter à la surface et ainsi les purifier et les transmuter. 

Symbolique de l’insecte :

L’insecte est le symbole de la transformation : tout insecte passe par plusieurs étapes de métamorphose.
Le plus symbolique est biensûr le papillon qui, à l’image de nous et de nos projets, commence par l’oeuf, qui éclot, qui se nourrit à l’horizontal de l’énergie de la terre, puis prend le temps de se recueillir à l’intérieur pour l’ultime transformation, celle à la verticale vers la lumière, dans l’air et l’éther, au creux du ciel.
Quel merveilleux miroir qu’est la nature.

Nous aussi, nous sommes appelés à passer de l’horizontalité du monde terrestre à la verticalité du monde céleste.
Sans les opposer : le papillon se nourrit de prana (l’air, le souffle divin) ainsi que du nectar des fleurs.
C’est ainsi qui leur permet de d’être féconds. Les fleurs produisent du nectar et du pollen, non pour se nourrir elles-même. C’est une offrande, aux insectes, au ciel et au divin, qui leur permettent d’être fécondés. En rayonnant nos pollens, nos vibrations et en offrant notre nectar, notre essence, nous aussi nous sommes ainsi féconds.
C’est mon interprétation et ma résonance de ce début de mai : la sève du printemps est remontée, osons donc féconder!

Le scorpion est aussi le symbole de cette mutation, de la mort à la naissance, son venin pouvant être autant mortel que thérapeutique. 

Enfin, insecte vient de « insecare« , qui ne se coupe pas. Nous avons vécu en ce confinement, le dévoilement de nos insécurités, même les plus profondes. Le dévoilement aussi de notre inséparabilité de ceux que nous aimons et du vivant dans son ensemble. Cette interdépendance du vivant dont nous faisons partie n’est plus uniquement intellectuelle et elle vécue. Nous vivons une expérience d’unification.

L’insecte ne divise pas, il unifie, il rassemble : en un système collectif chez les fournis et les abeilles, en une toile-mandala chez l’araignée. À l’image de la boule de fumier chez le scarabée boursier qu’il fait rouler par ses pattes arrières : son nid, nourricier et protecteur pour ses futurs petits. Ce qui est rejeté par les uns, il en fait un lieu de naissance. C’est pour cette raison qu’il est un archétype puissant dans l’antiquité Egyptienne. Le scarabée se laisse guider par les étoiles, en dansant sur lui-même, à l’image du derviche-tourneur. Oui les insectes ont d’incroyables talents. J’apprends alors l’humilité auprès d’eux. Envers eux. Envers moi-même. 


Invitation à l’écriture intuitive – se laisser être touché et être enseigné :
Et vous, quelles sont vos relations avec les insectes ?
Quelles sont les émotions qui surgissent lorsque vous en voyez un ? 
Lesquels trouvez-vous attirants et lesquels trouvez-vous repoussants ?
Quelles associations d’idées et d’images faites-vous à leur égard ? 
D’où viennent cette représentation que vous avez d’eux ? 
Avez-vous envie de créer une représentation qui vous est propre ? 

À écrire sans se juger et sans se censurer : laissez couler vos mots.
L’écriture intuitive est proche de l’écriture dite « automatique » des surréalistes : écrire tout ce qui vient à l’esprit,
en faisant des associations libres d’idées afin d’écouter son inconscient parler.

Un écho poétique d’il y a 6 mois :

Je ne connais pas bien l’astrologie, j’écoute et lis à ce propos, par curiosité et comme miroir symbolique des messages entre mon conscient et mon inconscient. J’entends que la Pleine Lune est l’achèvement d’un cycle de six mois, débuté à la nouvelle lune dans le même signe. J’aime cette image : le soleil éclaire totalement la lune, il illumine ce qui est à percevoir maintenant. Alors je suis allée voir ce que j’avais écris et partagé il y a six mois, sur mon profil perso @dogitsfriday, lors de cette nouvelle lune en scorpion le 28 octobre 2019.

Quelle jolie surprise ! Il y a six mois je partageais déjà en mots et en images cette contemplation de « tout ce qui vit à l’air libre »… même « ceux qui volent, rampent et grincent » :

« S’attacher à ce qui est là,
simplement, sous ses yeux,
regarde !

à prêter attention à tout ce qui vit à l’air libre,
aux géraniums et les dahlias, aux tamaris mouillés de rosée, aux melons brodés du jardin,
à la chienne vieillie, à la chatte fidèle prostrée sous le soleil,
à toutes les bêtes qui volent, rampent et grincent,
bref à se tourner vers tout se qui se contemple, s’écoute, se palpe et se respire.

Et que la mort attende ! 
Il a y trop à faire, trop à aimer.
Il y a à découvrir, encore encore et encore. 
A être sage et tout le contraire de sage. 

A se mieux connaître pour mieux s’accomplir. »


Extrait du chapitre sur Colette dans le livre « 7 femmes » de Lydie Salvayre.



Ainsi que cet citation d’Albert Camus avec une photo « d’insecare »
« A se sentir si poreux, si attentif à chaque signe du monde, Mersault sentit la fêlure profonde qui l’ouvrait à la vie ».


Invitation à l’écriture intuitive – accueillir et recueillir les mots-images :

Qu’est-ce que cela vous évoque ? 
Quelles sensations ?
Qu’est-ce qui vous touche dans ces mots ? 
Quelles images viennent à votre esprit ? 

Notez-les, dessinez-les, écrivez-les.
Laissez-vous porter par l’écriture intuitive pour incarner vos profondeurs. 

Invitation à l’écriture intuitive – incarner votre poésie intérieure :
Enfin, suite à tout ce que vous avez récolté lors de cette ballade dans la poésie des insectes,
ces petits êtres de métamorphose,
ces images, ces mots, ces sensations que vous avez notés,
je vous propose que vous écriviez un texte poétique (poème, conte, fables…)
ou une oeuvre poétique plastique (dessin, danse, modelage…)

La « poésie » étant
à entendre à mes yeux*
(* »ceux qui ont des yeux qu’ils voient et ceux qui ont des oreilles qu’ils entendent »
nous disent les textes sacrés judéo-chrétiens
et « regarde avec tes oreilles »
nous dit Shakespeare dans Le Roi Lear)
pas uniquement un genre ou un style littéraire
mais en tant que flamme de création,
du grec « poïesis » : faire oeuvre.
Ce qui « fait passer du non-être à l’être » (Platon, Le Banquet, 205 b).
La poésie est alchimiste et fait germer notre graine d’éveil vers son fruit.

Partagez-nous vos fruits poétiques, du jour et de la nuit,
en tagguant @les_amazones_parisiennes et @lesballadespoetiques.

Douce Pleine Lune poïétique,
Héloïse